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Montreux Jazz 2017 | De la pop colorée, dansante et fade

Après la folk, un peu de pop qui bouge. Avec comme tête d’affiche The 1975, le Lab affichait ce 7 juillet une assistance assez jeune, où les adolescents s’agglutinaient derrière les barrières qui précèdent la scène. Pour cause, la bande de Manchester est adepte d’une pop-rock qui leur a permis de remporter plusieurs récompenses (Brit Awards) et de jouir d’une popularité conséquente sur les réseaux sociaux. Mais avant de voir débouler les mancuniens, Youngr et Roosevelt étaient les premiers appelés comme chauffeurs de salle.

Youngr – 2017 FFJM Marc Ducrest

Et c’est un artiste à la crinière rebelle qui ouvre les feux. Youngr, multi-instrumentiste, est ce genre d’artiste qui maintient un rythme fluide durant un set entier. Dario Darnell de son nom, bondit entre pop colorée, électro-funk et une légère touche de rock (très) soft. L’alliage est plutôt plaisant, même si les premiers morceaux sont timides. Après quelques minutes de show, le britannique réussit à distiller un répertoire qui respire la bonne humeur, qui file tout simplement la pêche. L’univers joyeux du londonien sent bon la fraîcheur et laisse apparaître une pointe de nostalgie tout droit venue des 90’s. Un concert énergique.

Concert honnête de Roosevelt

Roosevelt – 2017 FFJM Marc Ducrest

Âgé de 27 ans, Marius Lauber est Roosevelt. Le natif de Viersen, tout vêtu de blanc à la manière d’un groupe comme les Hives, est l’une des nouvelles attractions électro-pop, multi-instrumentiste comme l’est Youngr. Plutôt virevoltant dans un premier temps, l’allemand fait preuve d’une certaine maîtrise scénique mais au fur et à mesure, sa pop dansante s’effrite. Peut-être un peu tendre, la performance tourne un peu en rond, empilant les sons très rythmés tout en laissant apparaître des limites vocales. Légèrement faux par instants, Lauber tente de masquer quelques faiblesses grâce à sa patte électro – son passé de DJ l’aide dans ce sens. Transpirant et appliqué, Roosevelt était, normalement, cet instant de fraîcheur, celui qui vous pousse à vous lancer dans une petite danse dont vous avez le secret. Mais l’effet escompté n’est (quasiment) jamais intervenu. Sans être un mauvais concert, on en attendait plus du musicien allemand. Disons que le résultat reste honnête, sans plus.

The 1975 et leurs minettes

The 1975 – FFJM 2017 Marc Ducrest

Curieux. Oui, on était curieux de voir les mancuniens à l’oeuvre. Dans les travées du Lab, nous avons mené l’enquête. Pour être sincère, on a surtout entendu des mauvaises langues : « ces types, c’est les nouveaux One Direction ». Si les fans sont moins hystériques, l’assistance est fournie… en adolescentes. En 2016, c’était l’année du renouveau pour The 1975. Un album plus mature pour le frontman Matthew Healy, torse nu sur la scène du Montreux Jazz, mais qui sonne un peu creux. Les travers d’un passé de rock adolescent gentillet semblent rester dans les mémoires. L’impression de voir un genre de groupe aux allures des Metro Station effleure l’esprit un court instant. On reste un peu amorphe, attendant quelques éclairs de talent. L’un arrive avec Somebody Else ou encore avec Change Of Heart, où (enfin) Healy parvient à faire l’étalage d’une certaine maîtrise. La lueur intervient, mais tout cela reste bien convenu, voire ennuyant. Le talent est venu frappé à la porte, par contre, il n’est que très rarement apparu sur la scène du Lab…