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Mon Garçon : un thriller sans saveur

Dans le concept de tournage, Mon Garçon usait d’une nouvelle approche : laisser la figure principale sans la moindre indication et sans scénario. Jeu auquel Guillaume Canet s’est prêté pour camper Julien Perrin, un géologue dévasté par la disparition soudaine de son fils, alors en colonie de vacances en montagne.

Séparé, très occupé par son métier, Julien est un père qu’on pourrait qualifier d’absent. Sa femme, Marie (Mélanie Laurent), tente de refaire sa vie avec un autre homme, Grégoire, campé par l’excellent humoriste Olivier De Benoist. Appelés à se retrouver pour trouver leur rejeton disparu dans la nature, les deux ex vont tenter de garder leur sang froid, mais rapidement Julien n’est plus lui-même, rattrapé par sa colère. Dorénavant il opère en solo et décide de faire lui-même son enquête en mettant sa propre vie en danger.

Début intéressant

Christian Carion a décidé de mettre Guillaume Canet dans une position compliquée pour un acteur. En le poussant dans ses derniers retranchements, il opte pour une mise en scène « en temps réel ». Des réactions qui ne sont pas prévues, du vrai, de la pure réaction instantanée. Comme son personnage à l’écran, Canet ne calcule rien, se laissant transporter par ses émotions et les situations. Le visage marqué par le froid et la douleur, l’acteur français passe dans un autre état d’esprit : celui d’être remonté et hargneux.

Comme un écho à l’un de ses meilleurs rôles dans La prochaine fois je viserai le coeur, Canet démontre une certaine force d’interprétation, se décompose devant l’ampleur du problème. D’un visage déconfit, il passe à un visage fermé et enfouit ses émotions. Hormis les talents de l’acteur de 44 ans, Mon Garçon ne parvient jamais à nous plonger dans la tension et le désarroi voulus. Une entame qui promettait mais que Carion ne parvient jamais à concrétiser. Rien ne semble réellement partir, rien ne nous fait palpiter. Le thriller glacial – comme Fincher l’avait parfaitement orchestré avec Gone Girl – ne tisse jamais sa toile comme espéré.

Du même acabit qu’En mai fais ce qu’il te plaît

Au fur et à mesure que l’intrigue commence à se dévoiler, les défauts du film précédent de Carion sautent aux yeux : une certaine apathie, une mise en scène quelque peu mollassonne. En fait, Mon Garçon est un objet cinématographique quelconque qui ne soulève pas la moindre émotion. Plus on s’enfonce dans la course contre-la-montre pour retrouver le petit Mathys (Lino Papa), plus l’histoire se cristallise autour d’une tension inexistante. À force de s’attendre à quelques rebondissements, au final rien ne se passe ! 

Comme un étrange sentiment d’avoir pris part à un non-film et sans même regarder sa montre, on se surprend à laisser échapper des « déjà ? » ou « c’est tout ? », symptomatique d’une oeuvre sans relief, sans un véritable coup d’accélérateur pour lancer les hostilités.

Casting : Guillaume Canet, Mélanie Laurent, Olivier De Benoist, Antoine Hamel, Marc Robert

Fiche technique : Réalisé par : Christian Carion / Date de sortie : 27 septembre 2017 / Durée : 84 min / Genre : Thriller / Scénario : Christian Carion, Laure Irmann / Musique : Laurent Perez Del Mar / Photographie : Eric Dumont / Distributeur suisse : JMH