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Cannes 2017 | Mobile Homes : Entre liberté et devoir maternel

On découvre Ali (Imogen Poots), une jeune femme, mère de Bone, 8 ans. Prostrée dans une salle d’attente document à la main, on apprend que son copain, Evan (Callum Turner) vient d’adopter le rejeton. Le quotidien n’est pas tout rose pour ces trois-là. Des trafics et affaires douteuses, entre combats de coqs et deals de stupéfiants, Ali rêve d’un foyer, d’une vie simple comme tout le monde. Evan, lui, la berce d’illusions et lui promet une nouvelle vie.

Photo copyright: Incognito films

Mobile Homes, c’est un récit aventureux, un peu comme l’était American Honey d’Andrea Arnold. Les deux films sont semblables mais différents dans le propos. Au lieu d’une bande d’adolescents vendeurs, on suit une femme à la dégaine digne d’une adolescente, empruntée entre le désir de liberté et son devoir de mère. La vie de nomades que mène le trio est débridée, avalée à 100 à l’heure. Pas de place pour une vie épanouissante. Tout est improvisé.

L’espoir d’une vie normale

La beauté de Mobile Homes réside dans cette envie de liberté. Le froid embue le van familial et volatiles entassés à l’arrière, le récit aventureux de Vladimir de Fontenay puise son inexorable force à travers la sensibilité d’Ali, admirablement interprétée par Imogen Poots. Le choix complexe d’une femme, peut-être pas prête à prendre des choix de cette importance, propulse le métrage dans l’inconnu. Que va-t-il advenir du jeune Bone ? Décidée à le mettre dans un foyer, complètement obnubilée par son amour pour Evan, Ali prend peu à peu conscience du choix qui se présente à elle. Elle découvre une autre communauté, où les mobile homes sont rois. Une population coupée du monde où les tempêtes font la loi. Mais surtout, pas de Evan à l’horizon.

Prise de conscience

Très vite, après une première partie électrique et parfois désordonnée, Vladimir de Fontenay centre son histoire sur le choix de plus en plus évident d’Ali. Décidée à mettre tout en oeuvre pour s’occuper de son fils, les ennuis refont surface. À force de s’accrocher à une liberté qui lui tend les bras et l’entraîne dans un tourbillon de réflexions, la jeune femme voit enfin le visage innocent de son fils. Elle-même emprunte à l’innocence, la seconde moitié déploie une forte charge émotionnelle qui s’intensifie plus le choix fatidique approche. La fin est belle, sobre et pleine de justesse.

La patte de de Fontenay insiste sur l’équilibre que poursuit Ali. Déterminée et tiraillée à la fois. Mobile Homes joue sur beaucoup de tableaux, s’emmêle les pinceaux, tire en longueur, mais le résultat est enclin à une certaine délicatesse, où se brode l’innocence de la jeunesse. Sur le chemin de la maturité, Ali prend progressivement conscience de l’ampleur du choix. Touchant.

Casting : Imogen Poots, Callum Turner, Callum Keith Rennie, Shane Daly

Fiche technique : Réalisé par : Vladimir de Fontenay / Date de sortie : – / Durée : 101min / Genre : Drame / Scénario : Vladimir de Fontenay / Distributeur suisse : –