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Entre post-punk et punk synthétique, Moaning et Bracco se présentent en 6 questions

Mardi 29 mai, le Romandie de Lausanne fera place à Moaning et Bracco, deux groupes qui, chacun à leur façon, feront balancer la tête et lever les bras en l’air. Le premier, originaire de la Vallée de San Fernando dans la grande banlieue de Los Angeles, distille un son post-punk rappelant parfois des sonorités shoegazing à la Slowdive. Moaning c’est Sean Solomon, Pascal Stevenson et Andrew MacKelvie. Potes de la première heure, les musiciens ont d’abord fait leurs armes sur la scène locale de leur ville. Des paroles introspectives racontant le deuil ou la santé mentale, des mélodies sombres mais entraînantes, habillées de voix atténuées, la musique que livre Moaning ne manque pas de confiance malgré le tout jeune âge des ses membres. Et pour cause, à force de petits concerts donnés dans les sous-sols et autres bars de leur ville, les garçons se sont fait la main. Esprit DIY encore et toujours avec pour mot d’ordre : « avoir un maximum d’impact avec le moins de ressources possible. » Les 3 musiciens n’hésitent donc pas à rameuter leurs potes pour filmer le clip de « The Same ». Si ce n’est pour la peinture et les packs de bières, le groupe n’a rien déboursé. Shooté dans une maison vouée à la démolition, le clip montre les 3 compères performer au milieu de leurs copains s’amusant à défoncer les murs. Et c’est bien ce clip qui les a fait sortir du lot. Tombé sur la vidéo home made du trio, Alex Newport, producteur ayant travaillé avec At The Drive-In, Bloc Party et the Melvins, leur propose de bosser avec eux sur le prochain projet. C’est ainsi que les morceaux de leur premier album éponyme ont vu le jour, au sein du studio de Newport. De fil en aiguille, les titres de Moaning se retrouvent à faire le buzz dans les bureaux de Sub Pop et c’est lors du SXSW que le trio croise le chemin de quelques représentant du label. Un mois plus tard, Moaning se voit offrir un contrat.

Et pour le deuxième groupe ? On revient en Europe, direction Paris, à Montreuil pour être exact. Le duo de Bracco, signé chez le Turc Mécanique, a en stock des chansons à réveiller un boeuf sous barbituriques. POV, sorti en janvier, enregistré live et capté en vidéo, est leur premier fait. Les 3 titres, « Departure Lounge », « Infected » et « Tune », sont un condensé de punk-synthétique nappé d’une couche électronique où les guitares n’arrivent plus à bien se tenir. En première partie de soirée, le groupe saura sans conteste mettre en appétit avec ses morceaux corrosifs et sans concession. Les deux parisiens hanteront les lieux avec toute la tension et la puissance qui les caractérisent. Une mise en bouche plutôt musclée en gros. Et histoire de faire plus ample connaissance, Moaning et Bracco se sont prêtés au jeu de l’interview croisée, avant de venir fouler le sol vaudois dans 2 semaines. 6 questions, 12 réponses mais une seule soirée, le 29 mai au Romandie.

 

C’est une période excitante que la sortie d’un premier album/EP. Dans quel état d’esprit êtes-vous ? Plutôt excités et impatients ou un peu sous pression vis-à-vis de la façon dont le public accueille/va accueillir votre album/EP ?

Moaning: De façon générale, on est super excité. C’est intéressant d’avoir des personnes qui écoutent quelque chose d’aussi personnel. On espère que les gens s’identifient à cet album chacun à leur façon.

Bracco: Plutôt excité et impatient. Ce projet était avant tout fait pour du live. On est du coup assez curieux d’entendre ce que ça va donner sur un disque. C’est un autre exercice pour nous, ce qui l’a rendu très intéressant.

 

À propos de vos influences, y-a t’il un/une artiste ou groupe qui a particulièrement marqué votre parcours musical ?

Moaning: Chaque membre du groupe a des goûts musicaux différents. Je pense qu’avec ce premier album nous tirons nos influences de groupes comme New Order, Slowdive ou encore The Cure. J’ai grandi bercé par la musique de Nirvana et ils m’ont fait découvrir plein d’autres formations, notamment The Wipers, Sonic Youth et Mudhoney. C’est juste surréaliste d’être signé chez Sup Pop et de se sentir connecté à cet héritage musical.

Bracco: On a tous les deux des goûts complètement différents, ce qui est très bien en fin de compte. On s’est néanmoins retrouvé sur Dirty beaches, John Maus, The Rebel, des choses comme ça. Ça nous a inspiré au début, lorsque l’on se demandait ce qu’on allait faire. Aussi et surtout la scène française nous a forcément influencé, beaucoup de choses intéressantes sont à l’oeuvre ces temps-ci. On pense à Nina Harker ou encore Simple Music Experience, enfin plein de choses, un beau paysage.

 

En parlant d’autres artistes, avez-vous eu un coup de coeur pour un artiste dernièrement ?

Moaning: On adore Lithics, un groupe de Portland ! Nos amis Lunch Lady à Los Angeles font des trucs bien sympa aussi.

Bracco: Cette année, le premier album de Abschaum paru sur Macadam Records c’était quelque chose ! Très très beau, sorte de Bashung en psyché. Ensuite, on pense à Succhiamo vu à la Station Gare des Mines, notre usine à tartes préférée et Oktober Lieber, deux groupes qui font bien bouger les genoux et la tête.

 

Un/une artiste avec qui vous rêveriez de collaborer ?

Moaning: Robert Smith, Kim Deal, Thurston Moore, St-Vincent et bien d’autres encore!

Bracco: Faire des collaborations en général sur du recording par exemple nous botte pas mal. Sinon, les Hôpitaux. C’est un sacré groupe et ce serait chanmé de faire des fêtes avec eux. Après ce serait surtout bosser avec des potes, particulièrement en vidéo. On a des copains super talentueux.

 

À part vos influences musicales, dans quel/s autre/s domaine/s puisez-vous votre inspiration ?

Moaning: Concernant les paroles, les chansons sont thérapeutiques pour moi. À chaque fois que je reviens sur les paroles que j’ai écrites, je les déteste. Je ne ressens plus la même chose à propos d’une situation sur laquelle j’ai écrit une fois que j’ai pu la gérer. Je trouve que la plupart des textes sont moches et plutôt embarrassants. D’un point de vue musical, il y a une notion d’urgence et d’angoisse qui entre en ligne de compte.

Bracco:  on est surtout inspiré par ce qui se passe autour de nous, déjà musicalement, parce qu’encore une fois, il y a mal de groupes ou d’artistes doués. Mais socialement aussi, on doit forcément être le produit de quelque chose.

 

Dernière question que nous posons souvent aux différents artistes que nous interviewons. Notre média s’appelle THE APOLOGIST. Si vous deviez faire l’apologie d’une personne, célèbre ou non, qui choisiriez vous ?

Moaning: Satan!!

Bracco: C’est tout trouvé. Philistin Bracco. On s’est appelé Bracco en référence à lui. C’est un habitué du bar dans lequel nous nous sommes rencontrés Loren et moi. Un sacré personnage, charismatique et névrosé, très classe, avec toujours un truc intéressant à dire. On l’aime beaucoup.

 

 

 

 

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