Search for content, post, videos

MJF 2019 | James Blake, l’éloge de l’épure

Thom Yorke étrennait son répertoire solo, sans ses acolytes de Radiohead. Non loin du Strav’, un autre prodige s’exécutait, dans la salle climatisée du Lab : James Blake. Une brise mystérieuse, insaisissable pour un artiste de 30 ans, au sommet de son art. 

« Barefoot in The Park », comme un croisement sensoriel et mélodique, où l’anglais se couple à l’espagnol. Les voix de Blake et Rosalia se mélangent, se succèdent. Rien que pour ça, rien que pour ce simple morceau, le détour en valait la peine. La défense de son nouvel album, Assume Form, partait en douceur. Une fois le virage amorcé, tout s’emballe. Avec ce tout nouvel opus sorti en 2019, Blake continue à déboulonner les sons denses pour n’en sortir qu’une infime partie, la plus belle, la plus brute. Jongler entre ses nombreux featuring, en insufflant une nouvelle richesse à sa mécanique, plus colorée, tout en gardant cette teinte mélancolique. 

Romantisme et dialogue intérieur 

Dans un entretien accordé à Libération, James Blake parlait de « visions romantiques opposées avec Travis Scott, sur « Mile High », voire de dialogues avec des complices choisis. » De ce postulat, ce 4 juillet 2019, parlons d’un dialogue intérieur de plus d’1h45, visitant les tiroirs du subconscient de l’artiste. Voyage mental, éloge de l’épure, justesse apologétique. Entre rythmes mélancoliques et délicieusement lents, la folie d’une électro lancinante et électrisante, en passant par un rap homemade, la variation des tonalités et des genres pleuvaient, le public est servi.   

Et comment ne pas surfer sur les premiers succès. L’Anglais rembobine et replonge dans son passé. « Retrograde » fusille une salle sous le charme, une nouvelle fois enchantée par la voix hypnotique de Blake – on repense à la série The Leftovers, ses élans mystérieux d’une première saison captivante. Les émotions sont là, il les convoque et s’en empare, les tisse pour en créer une faille temporelle, où le temps se suspend. James Blake, après son passage en 2013, réussit à mettre la barre (encore) un peu plus haut, tout en restant fidèle à lui-même, timide et peu bavard. Le 4 juillet, le maître du minimalisme a survolé les débats. Chapeau!