Search for content, post, videos

MJF 2018 | Tyler, The Creator surchauffe une soirée hip-hop bien terne

Quand il faut mettre le nez à la fenêtre, vous pouvez dorénavant appeler Tyler, The Creator. Pour être plus clair, le rappeur américain a prouvé qu’il est un artiste à part de la scène hip-hop. Sa furia, sa débauche d’énergie et son talent de « chauffeur de salle » ont réussi à décoincer une salle du Lab encore endormie après les maigres performances de Asap Twelvyy et Playboy Carti. On peut même parler de mascarade à ce stade-là.

Photo copyright : 2018 FFJM Lionel Flusin

Heureusement, avec près d’une heure de retard, Tyler, The Creator est venu bousculer le public et a démontré que le hip-hop n’est pas qu’une simple question de style ou d’haranguer les foules pour mettre de l’ambiance. Le Californien a balayé d’un revers des accusations de misogynie et d’homophobie, pour laisser ressortir… son talent. Rap incisif, l’ex-boss de Odd Future amène une touche colorée, trash, mais se laisse submerger par la noirceur dans son dernier album. Flower Boy est perçu comme l’album de la maturité sur scène, l’artiste démontre une vraie maturité lorsque il se produit devant un public. « November » et « Who Dat Boy », le show Tyler, The Creator vampirise une assistance en furie, toute transpirante et plutôt jeune.

Du haut de ses 27 ans, Tyler The Creator a montré la voie. Seul sur la scène, face à un public nombreux, son travail sur lui-même, comme son dernier album semble l’indiquer, le rappeur californien se place seul face au monde, sans artifice, mais désireux de soigner sa prestation pour montrer son amour pour la musique. Suer sang et eau, rapper à n’en plus finir. Tyler, The Creator s’est fendu d’une performance de très bonne facture, avec la volonté d’exceller dans un rap élégant, loin des standards minimalistes de la trap présentée un peu plus tôt dans la soirée.