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MJF 2018 | Nostalgie et riffs furieux, la soirée fut belle au Lab ce 3 juillet

Quelques gouttes, une chaleur un peu moins écrasante et une climatisation de compétition dans la salle du Lab. Les premiers détails d’une nouvelle journée montreusienne, à courir à travers les différentes salles, à tendre le bras tel un marathonien prompt à récupérer son ravitaillement, tout en continuant à tracer son chemin le plus vite possible vers l’arrivée. Voilà, un léger avant-goût de l’état d’esprit dans lequel nous étions avant d’entamer les concerts de Leon Bridges et Gary Clark Jr. L’une des excellentes soirées programmées durant cette 52ème édition.

Photo copyright : 2018 FFJM – Daniel Balmat

L’enceinte du Lab rafraîchie voit apparaître Leon Bridges, auteur-compositeur-interprète tout droit venu de Fort Worth (Texas). 29 ans au compteur et une voix de velours, saisissante de précision et de douceur. Voyez ce petit bonbon que vous laissez fondre sous la langue, sur lequel vous vous tortillez de plaisir. On en fait un peu trop, mais la métaphore fonctionne quand « Beyond » est chantonné par le jeune chanteur américain. C’est langoureux, c’est légèrement sensuel. De la soul comme on aime, enveloppée d’une multitude de néons jaunes qui rend le concert intime, comme une ombre qui se faufile dans l’obscurité. Son registre est poli, travaillé jusqu’à l’os et enjoué. Les morceaux s’empilent, l’ombre de Sam Cooke plane au dessus du Montreux Jazz comme un air nostalgique qui sied à merveille à la manifestation vaudoise. On en tremble de plaisir.

Sa générosité sur scène, l’ambiance qu’il réussit à mettre malgré des morceaux très doux, presque trop par moments, est contagieuse. On précisera qu’au troisième morceau, il s’amusait à balayer la scène des deux côtés en criant « Ok, I got it! », comme s’il cherchait les paroles de sa prochaine composition. Une mémoire qui flanche mais un talent intact, bien là, exécutant une tracklist à merveille et déballant le dessert symbolisé par le morceau « Coming Home ». Une beauté sonore ! Le concert file à vitesse grand V sur plus d’une heure, dans une ambiance agréable. Un public acquis à la cause du chanteur texan, au rythme des mélodies Rythm & Blues. La quintessence du vintage.

Photo copyright : 2018 FFJM – Daniel Balmat

Avec Gary Clark Jr., ça déménage

Coiffé d’un chapeau noir, guitare rouge sang à la main, Gary Clark Jr. débarque sans crier gare. Sans sourciller, le bougre se met à gratter son instrument de manière frénétique. De la gratte pure et dure. Le natif du Texas, lui aussi, aime user de plusieurs genres. Issu de la culture blues, il aime la conjuguer avec de la pop et de la soul. Mais c’est bien des riffs enragés qui ont habillé le Lab, ce 3 juillet. Performance endiablée, une voix lisse mais également ambitieuse, parfois haute perchée, et une dextérité folle. Un vrai métronome dès qu’il se lance dans un solo de guitare. On croirait presque voir Jimmy Hendrix… ou plutôt entendre.

Gary Clark Jr. a délivré une performance audacieuse digne d’une vraie rockstar et loin d’être ce produit de major préfabriqué que les spécialistes critiquaient auparavant. Non, en 2018, l’homme est un showman qui vous envoie loin, loin dans une époque antérieure. Gary Clark Jr. est un joueur hors pair, avec sa guitare et avec le public, et ne fait pas dans la dentelle. Un concert plein de fougue et de talent, avec une pointe d’audace et… de nostalgie. Le Lab, en ce 3 juillet, a fait un bond dans le temps l’espace d’une soirée.