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Midnight Sun : le coup de soleil qui fait mal

Une romance adolescente avec la sulfureuse Bella Thorne épaulée par le fils d’Arnold Schwarzenegger, Patrick Schwarzenegger. Midnight Sun est ce parfait teen-movie – remake d’une version japonaise écrite par Kenji Bando – qui trouve rapidement ses limites, confronté aux failles d’un film calibré pour faire pleurer dans les chaumières, surtout les adolescentes en mal de romance dégoulinante.

Nous retrouvons cette chère Katie Price (Bella Thorne), vicitime d’une maladie plutôt embêtante. Elle est atteinte de Xeroderma Pigmentosum, une maladie qui l’oblige à fuir le soleil comme la peste. Un vrai vampire qui sort la nuit jouer quelques mélodies sur sa guitare, un héritage de sa défunte mère, devant le guichet de la gare, scrutant depuis sa vitre spéciale les va-et-vient de Charlie (Patrick Schwarzenegger), le beau gosse du lycée et star de l’équipe de natation. Mais un soir, c’est Charlie qui reste bouche bée devant la belle étrangère. Surprise par la situation, Katie préfère prendre la poudre d’escampette, mais laisse son carnet de chansons derrière elle. Charlie va donc réussir à retrouver sa trace, on s’en serait douté, et une « superbe » romance se construira. Mais voilà, Katie ne va rien dire à propos du mal dont elle souffre et à un certain moment, un court-circuit enrayera le petit manège.

Romance pleureuse

L’amour innocent, la passion brûlante entre deux jeunes adolescents, c’est beau normalement oui mais… non. Cette fois c’est indigeste. Midnight Sun est l’histoire d’amour par excellence, mais dans le mauvais sens du terme. Le principal problème se situe dans les choix pris par le film. On comprend très rapidement l’issue dramatique. Mais c’est surtout cet insupportable besoin de mettre maladroitement en avant cet amour impossible à travers la maladie. Et en avant les violons, les musiques tristes à en crever afin d’accentuer les scènes : « je t’aimerai pour la vie mais c’est impossible, je suis malade. » Ou encore le personnage très caricatural de l’adolescent, maladroitement interprété par Schwarzenegger, paumé après une blessure à l’épaule et qui remet en cause son avenir d’étudiant. Il ne trouve plus son compte dans les grosses fêtes et autres beuveries, parce qu’à l’occasion d’une soirée arrosée il a hypothéqué ses rêves en jouant le petit effronté. Et les clichés continuent : « les gars, vous me fatiguez avec vos penchants pour la fête, moi, je veux partir à travers le pays, tracer la route avec mon baluchon ». Voilà en deux lignes le personnage très cliché de Charlie.

Photo copyright : Paramount France

Si Nos Etoiles Contraires avait réussi à déjouer les pièges de ce genre de scénario, Midnight Sun fonce droit dans le mur. Romance désespérée et mal orchestrée, d’une extrême faiblesse quant à la direction d’acteurs. Bella Thorne ne propose rien avec son personnage d’adolescente positive, malgré le spectre de la mort qui rôde. La plus grande déception vient de Patrick Schwarzenegger. Pour son premier rôle au cinéma, la curiosité était de mise. Résultat : un piètre jeu de beau gosse au visage figé, à l’intensité inexistante, à la présence bien timide. L’emballage fait peine à voir.

Scott Seeper tente de tirer les cordes fragiles de son matériau de base, sans vraiment en retirer la sève qui aurait pu donner un résultat intéressant. Au lieu de ça, le film se bat pour rester debout, à coup de musiques charmantes et larmoyantes. Pitié ! Que c’est bancal et réchauffé ! Les plans pour sublimer notre couple – une furieuse impression de voir deux comédiens fatigués de jouer les amoureux – sont aussi mauvais que les chansons de Bella Thorne. Le résultat ne fait que s’enfoncer dans les limbes de la bêtise, surtout avec une fin aussi piteuse. Ce sont des larmes de détresse qui coulent sur nos joues. Rien d’autre.

Pour être tout à fait sincères, gardez votre argent. Midnight Sun est une arnaque pour ados aux clichés amoureux dégoulinants. Kenji Bando doit en avoir gros sur la patate…

Casting : Bella Thorne, Patrick Schwarzenegger, Rob Riggle, Quinn Shephard

Fiche technique : Réalisé par : Scott Seeper / Date de sortie : 13 juin 2018 / Durée : 93 min / Scénario : Kenji Bando, Eric Kirsten / Musique : Nate Walcott / Photographie : Karsten Gopinath / Distributeur suisse : Impuls