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Max Minghella ou la relève hollywoodienne en marche

Son regard profond et ténébreux fait de lui un personnage aux airs énigmatiques. Un charisme indéniable et mystérieux, Max Minghella a été, jusqu’à présent, relativement discret à Hollywood. Son patronyme ne vous dit peut-être rien, et pourtant! Ce même nom a une réputation toute faite à Hollywood. Max Minghella est le fils d’Anthony Minghella, réalisateur de films tels que Le Talentueux M. Ripley, Retour à Cold Mountain ou encore Le Patient Anglais, qui lui a d’ailleurs valu l’Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur. Mais si le papa, décédé en 2008, s’est forgé une jolie notoriété dans le monde du cinéma au fil des années, c’est bel et bien du fils dont il est question aujourd’hui. À 32 ans, le rejeton, qui avoue n’avoir jamais réellement rêvé de devenir acteur, est finalement devenu comédien et scénariste et fait partie de cette nouvelle génération d’acteurs qui écrase tout sur son passage. Parmi les Miles Teller et autres Shailene Woodley largement médiatisés aujourd’hui, Max Minghella, habitué depuis tout gosse à traîner sur les plateaux de tournage, grimpe gentiment grâce à des choix de rôles singuliers. Dernier choix en date et pas des moindres, son rôle dans la série The Handmaid’s Tale, conte dystopique dérangeant, qui risque fort de mettre un coup d’accélérateur à la carrière déjà bien remplie du britannique. Retour sur une trajectoire en pleine ascension.

Une carrière rythmée par des seconds rôles éclectiques

Photo Copyright: Merrick Morton – © 2010 Columbia TriStar Marketing Group, Inc.

C’est en regardant une pièce de théâtre (This Is Our Youth) que Minghella décide de se lancer dans la comédie. Entre ses cours à l’Université de Columbia et ses vacances d’été passées à bosser sur des films, l’acteur déclarait dans une interview avoir énormément travaillé pour décrocher son premier rôle en 2005. Dans Bee Season (Les Mots Retrouvés), il donne la réplique à Richard Gere et Juliette Binoche. À tout juste 20 ans, son jeu d’acteur est déjà très sûr et il s’impose dès lors comme un jeune comédien à l’avenir prometteur. La même année, on le retrouve dans Syriana aux côtés de George Clooney. Il y campe le fils de ce dernier. Max Minghella retrouvera Georges Clooney quelques années plus tard sur le tournage des Marches du Pouvoir. Par la suite, il enchaînera les films à raison d’au moins un par année. Si sa filmographie paraît déjà bien étoffée, 17 films dont 1 en tant que scénariste, l’acteur originaire de Londres et vivant à Los Angeles n’interprète cependant pas les premiers rôles. Relayé au rang de personnage secondaire, on ne le voit jamais tenir la tête d’affiche. À l’image de The Social Network en 2010. Réalisé par David Fincher et réunissant entre autres Jesse Eisenberg et Andrew Garfield, le film met en lumière les origines de Facebook et la personnalité complexe de son créateur, Mark Zuckerberg. Max Minghella, lui, tient le rôle de l’associé des frères Winklevoss, ceux-ci mêmes qui ont trainé en justice le boss du réseau social, l’accusant d’avoir volé leur idée. Autre film, autre ambiance, le très bon et déroutant film indépendant Into The Forest, où l’acteur partage l’affiche avec Ellen Page et Evan Rachel Wood. Le film parle d’un père de famille et ses deux filles vivant dans une maison au beau milieu d’une forêt des États-Unis. Une coupure de courant s’étendant à tout le pays s’éternise et plonge la famille dans le désarroi le plus total durant des mois. Coupés du monde, sans électricité ni essence, les protagonistes doivent trouver des moyens de survivre face cette situation digne d’une fin du monde. Angoissant, Into The Forest pointe du doigt le meilleur mais aussi le pire dont chaque être est capable en des temps quasi apocalyptiques. Ellen Page et Rachel Evan Wood, interprétant les deux soeurs sous la direction de Patricia Rozema, livrent une performance d’exception et atteignent un niveau de complicité épatant.

Photo copyright: © Lions Gate Home Entertainment.

Venant quelque peu perturber cet équilibre fragile, Max Minghella, le copain d’une des soeurs, ne sera finalement que de passage, ne faisant pas le poids face à la force des liens fraternels. Des rôles secondaires il est vrai mais pas moins éclectiques: avec Agora dirigé par Alejandro Amenábar, Minghella se glisse dans la peau de Davus, un esclave au service d’Hypatie, fameuse astronome, campée par Rachel Weisz. Sur fond de révolte chrétienne envers la domination romaine en place, Alexandrie est le théâtre de violents affrontements entre les deux camps. Au milieu de ce champ de bataille, Davus devra choisir entre son secret amour pour sa maîtresse et son désir de liberté, impliquant son ralliement à la cause chrétienne. Éclectique toujours en 2013 avec la première tentative de l’acteur dans le registre du comique, terrain glissant pour bon nombre de comédiens. Dans Les Stagiaires, Max Minghella s’essaie à l’humour, entouré par des maîtres en la matière, Vince Vaughn et Owen Wilson. Vendeurs de montres, ces derniers se voient licenciés après la faillite de leur entreprise. Engagés pour un stage chez Google, ils vont être en compétition avec des geeks, têtes à claques en tous genres dont Graham (Max Minghella) fait partie. On ne gardera clairement pas un souvenir impérissable de ce film qui use de toutes les ficelles grossières de la comédie américaine de base. Talentueux, ça ne fait aucun doute, Minghella n’arrive pas à trouver un rôle à la mesure de son potentiel. De seconds rôles en seconds rôles, loin d’être inintéressants pour certains, l’acteur n’a pas encore trouvé LE rôle qui pourrait changer la donne.

Photo copyright: The Weinstein Company

On note toutefois un film où le britannique est sur le devant de la scène. Dans Elvis et Anabelle, sorti en 2007, il joue aux côtés de Blake Lively. Deux êtres que tout oppose en apparence mais qui vont finir par se sauver mutuellement, au sens propre et figuré, d’une vie devenue insupportable. Deux personnalités avec leurs failles qui finiront par se découvrir vraiment. Bien que convenue mais loin d’être niaise, la romance est d’une belle sensibilité. Le duo Minghella-Lively fonctionne à merveille. Elle blonde, solaire et enjouée, lui ténébreux, posé et discret. Les contraires s’attirent et l’alchimie opère à n’en pas douter. Une histoire d’amour comme message d’espoir au beau milieu d’un Texas poussiéreux. Minghella y est convaincant, sans artifices et démontre une fois encore avec quelle facilité il peut, en un claquement de doigts, changer d’accent.

Un acteur aux multiples facettes

Mais l’acteur a plusieurs cordes à son arc. Ainsi, 2016 marque ses début en tant que scénariste avec La 9ème Vie de Louis Drax. On apprend qu’un film, Teen Spirit, pour lequel il a également la casquette de scénariste et où il fait ses début de réalisateur au cinéma a été présenté aux acheteurs lors du Festival du Film de Berlin en février dernier. Le métrage raconte les aventures d’une jeune fille timide de l’est (Elle Fanning) rêvant de devenir une popstar et qui va réussir à intégrer un concours de chant grâce à l’aide d’une sorte de mentor. À première vue, ça ne nous fait pas franchement rêver, mais qui sait, sera-t-il aussi à l’aise derrière que devant la caméra? Il n’est cependant pas complètement étranger à l’art de la réalisation. Il a, par le passé, dirigé le clip « Nothing More Than Everything To Me » de Christopher Owens. Toujours dans le thème de la musique, on l’a vu dans un des clips du bien-aimé groupe de rock alternatif The Killers. « Shot At The Night » retrace la virée nocturne d’une jeune femme, employée dans un hôtel, et d’un homme croisé au hasard dans les rues de Las Vegas.

Si l’acteur a été plus ou moins discret avec des rôles majoritairement secondaires, ses choix variés ont construit, année après année, une carrière aux diverses facettes, lui permettant d’acquérir une polyvalence nécessaire afin de jongler habilement entre différents registres. Registre des plus complexes parfois si l’on se penche sur son dernier rôle en date, The Handmaid’s Tale, où il joue le rôle de Nick, chauffeur et homme à tout faire du maître de maison. Plus on avance dans cette série, plus l’addiction devient sévère. Nick, à priori un personnage secondaire, se révèle avoir une place importante dans le récit. Sans dévoiler l’intrigue, le personnage de Max Minghella, contre toute attente, insufflera une part d’humanité dans ce déchaînement d’actes physiquement et psychologiquement barbares. Une prestation excellente pour un rôle qui l’est tout autant. Pour une première participation dans une série, Minghella frappe fort. Encensée par la critique internationale et ce à juste titre, The Handmaid’s Tale est LA série à voir absolument en 2017. Un choix de rôle qui va s’avérer, on en est persuadé, décisif pour la suite de la carrière du comédien et qui va lui ouvrir les portes de rôles plus alléchants les uns que les autres. Encore faut-il que Minghella le veuille car filmer ou être filmé, telle est la question. Le britannique semble, à travers son travail de scénariste et réalisateur, prendre des chemins de traverse en suivant les traces de son père.