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Mathieu Spinosi : « Je rêvais de travailler avec Kim Chapiron »

Mathieu Spinosi endosse le rôle de Vincent Ogier dans Guyane, la nouvelle création originale de Canal+. Avant de le découvrir le 23 janvier sur la chaîne cryptée, l’occasion était belle de s’entretenir avec lui afin d’évoquer son rôle et son amour pour la musique.

Pouvez-vous nous présenter la série ?

On suit Vincent Ogier qui se trouve sur la sellette dans une grosse école à Paris. On ne sait pas vraiment ce qu’il a fait mais ses professeurs décident de l’envoyer en Guyane pour faire un stage. Il atterrit dans une société d’exploitation aurifère (ndlr: Cayenor) et le stage ne se passe pas comme souhaité. Il se retrouve catapulté dans un petit village, à Saint Elias. Il rencontre les habitants et notamment Antoine Serra, un genre de baron de l’or. Vincent va découvrir un site avec un gros potentiel d’or et ils vont s’associer les deux pour exploiter ce terrain situé dans la jungle.

Au vu des quatre teasers qui ont été dévoilés, Guyane semble être violent et sanglant. Comment présenteriez-vous la série ?

C’est une aventure risquée. C’est violent, des scènes le prouvent rapidement. Guyane suit la ligne de Canal, mais j’ai plus ressenti le côté aventure rien qu’à la lecture du scénario.

À quoi pourrait-on associer cette nouvelle création originale ?



C’est assez nouveau. Rien que par le territoire, il n’y a pas eu beaucoup de films ou séries qui ont été tournées en Guyane. Un premier point qui m’a plu. Du coup, c’est neuf et elle est compliquée à décrire puisqu’elle est différente. Je vends la série ! (rire) Fabien Nury, qui a écrit la série, décrit Guyane comme le nouveau Far West. Un genre de western de notre temps, de notre époque.

Avec Fabien Nury, un scénariste de bande-dessinée, l’approche était-elle différente qu’un showrunner?

C’est lui qui a tout fait. Dans les séries, normalement, il y a plusieurs showrunners, des pôles de scénaristes. Nury a tout fait de A à Z. Mais chaque film est une petite aventure, et l’approche est différente pour chaque scénariste. Je ne sais pas vraiment comment répondre à cette question, car je n’ai lu que des ouvrages de sa part. Ce qui est certain, j’ai ressenti de suite sa patte. Il a beaucoup travaillé avec Kim Chapiron pour les quatre premiers épisodes. Kim a essayé de plus rentrer dans le concret et Fabien est resté dans le symbolisme. La combinaison était parfaite. Pour moi, il y avait un véritable changement rien que par le fait que je tournais à l’autre bout du monde.

Est-ce qu’on peut associer le travail à celui de Romain Gavras ? (ndlr: ils ont fondé « Kourtrajmé »)

J’ai trouvé Kim très fort par sa faculté à capter les sens de l’endroit où il est. C’était un peu le pari, à la base. De ressentir la Guyane et la chaleur, de filmer la chaleur. Il fallait trouver des choses différentes, éviter de trop rester dans cette ambiance « verte ». Chaque séquence devait être différente, trouver une nouvelle manière de filmer. Kim Chapiron essayait de donner une certaine liberté à sa façon de filmer, de filmer à la sensation. Pour expliquer sa manière de procéder, il faisait un petit « stylo libré » après chaque scène. On refaisait la scène et lui bougeait avec sa caméra. Si bien que nous, les acteurs, on ne savait pas où se trouvait la caméra. C’était une excellente expérience de tourner avec Kim.

Quelle qualité vous a attiré dans votre personnage et dans ce projet ?

Déjà de travailler avec Kim Chapiron. J’ai adoré son film Dog Pound. Je me souviens d’avoir halluciné devant. Et un jour, trois ans plus tard, je vois un casting pour « la crème de la crème », un film réalisé par Kim Chapiron, et je passe ce casting. Comme vous avez pu le remarquer, je n’ai pas du tout été pris. Mais mon sixième sens me disait que j’allais collaborer avec lui. Je voulais bosser avec ce mec et cette opportunité, c’est Guyane. Aussi, je me réjouissais de vivre cette aventure aussi loin de la France, comme partir à l’aventure. J’étais comme un dingue et à la lecture du scénario, j’ai senti que l’aventure m’appelait.

Le tournage a duré combien de temps ?



Cinq mois ! Je ne suis pas rentré de Guyane durant cinq mois. D’ailleurs, j’ai fait venir ma maman. (Rire)

Retirez-vous plus de plaisir à la télévision ou sur un plateau de cinéma ?

C’est le temps qui change vraiment. Maintenant ce qu’il se fait en série, ça se vaut avec le cinéma. On pourrait qualifier les séries comme « le papa des films ». Personnellement, je ne vois pas trop de différence quand on tourne à la télévision. On travaille notre personnage dans notre coin et voilà. De toute manière, on doit se donner corps et âme dans le travail.

Vous n’avez pas de préférence entre la télévision ou le cinéma ?



Du tout. Mais c’est intéressant de travailler un rôle sur un plus gros laps de temps. Cinq mois, on a l’occasion et le temps de rentrer dans le personnage. C’était le côté très intéressant de cette expérience.

Vous êtes fils d’un chef d’orchestre (ndlr: Jean-Christophe Spinosi) et violoniste. Mais n’avez-vous pas le sentiment de laisser tomber votre amour pour la musique au profit des plateaux de tournage ?

Non, la musique garde une très grande place dans ma vie. C’est marrant. Depuis que j’ai commencé à tourner, on me pose souvent cette question. J’ai l’impression qu’il faut presque choisir entre les deux. Je ne vais pas choisir et ce qui vient, vient. C’est sûr que j’ai moins le temps d’exercer. Mais j’y reviens. Si bien que l’année dernière j’ai donné des concerts, des opéras. En juin, je joue à l’Opéra Royal de Versailles. Pour ainsi dire, je m’y remets à fond un mois avant le concert pour récupérer le retard accumulé. Et pour compléter, j’ai même acheté un violon électrique pour l’emmener avec moi en Guyane, pour la saison 2.



La saison 2 est déjà signée ?

C’est pas tout à fait signé, mais ils sont en train de l’écrire. J’imagine que ça va dépendre des réactions du public et de l’engouement. Personnellement, je repartirai bien pour une nouvelle saison en Guyane.

Parlons de votre suite de carrière. Vous avez tourné dans un film de Rachid Hami (ndlr: La Mélodie), qui va sortir prochainement. Pouvez-vous nous éclairer sur les détails du film ?



Je vais jouer un chef d’orchestre. Par contre, j’ai un tout petit rôle, une toute petite partition. Du coup, vous vous en doutez, mon père m’a donné quelques tuyaux. C’est assez cocasse, car je l’ai toujours vu dirigé et d’un seul coup, de prendre la baguette, je me suis retrouvé un peu démuni. Avec ce rôle, j’ai compris ce qu’était la dimension d’être réellement un chef d’orchestre.

Mathieu Spinosi, un futur chef d’orchestre ?

Je ne sais pas ! J’aimerai bien creuser un peu le métier.

Pour terminer cet entretien, pouvez-vous me définir en un seul mot, votre expérience guyanaise ?

Emerveillement !