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Love, Simon : l’impact d’une orientation sexuelle différente

Simon Spier (Nick Robinson) parle de sa vie normale, des choses normales qu’il fait avec sa bande de potes, de sa famille normale. Tout semble « normal » pour l’ado. Or, un petit détail le tracasse et le rend différent de ses potes : il est homosexuel. Terrifié d’en parler à ses parents, refusant catégoriquement de l’avouer à son entourage, Simon reçoit un appel de sa meilleure amie, Leah (Katherine Langford), le sommant de se rendre sur le blog où toutes les rumeurs de l’école sont répertoriées. Un genre de Gossip Girl. Un élève du même lycée avoue, sous couvert d’un pseudonyme, son homosexualité. Une vérité qui va chambouler Simon, tant dans sa vie de lycéen que dans sa vie personnelle. Il commence à nouer un lien très fort avec Blue, l’élève mystérieux, et échangera de nombreux mails avec ce dernier. Simon tombe amoureux de son correspondant, mais refuse de céder quitte à « utiliser » ses amis pour garder son secret intact.

L’impact de l’orientation sexuelle

Love, Simon est calculé, un métrage qui surfe sur la vague moderne, sur l’émancipation toujours un peu frileuse de l’homosexualité. Le cocon familial présenté comme une famille parfaite : un père ancien quarterback du lycée et une mère ancienne reine de promo. Deux parents jadis populaires, devenus de parfaits protecteurs dans une grande maison avec deux enfants bien éduqués et aimés. Le portrait familial parfait en somme.

Photo copyright : Twentieth Century Fox

Rien ne captive vraiment dans les première minutes. Les premiers soupirs se font sentir. Les événements se décantent petit à petit, surtout suite au moment clé du film : lorsque la vérité éclate à propos de Simon. À partir de ce moment, la grande force de l’histoire n’est pas celle à laquelle on s’attend, à savoir qu’il sera persécuté et mis de côté par tout le monde. Non, l’erreur vient de l’adolescent. C’est lui-même qui se crée des propres problèmes, se mettant à dos ses amis pour garder son précieux secret. Il s’isole, alors qu’il se retrouve la cible de quelques parasites. Mais rien de grave. Il est même protégé par la direction, défendu bec et ongles, sauf qu’il est désormais délaissé par ses amis qu’il a lui-même trahis. Son comportement égoïste lui porte préjudice. Ce n’est pas son orientation sexuelle qui le met de côté, mais bien sa maladresse. Pas malin le Simon.

On peut pointer du doigt la facilité de compréhension dont font preuve les parents à l’égard de leur fils, certes, mais le vrai sens du film réside dans la peur du regard des autres, presque maladive qu’on en devient maladroit. Ne pas être comme les autres et sortir de cette normalité. Greg Berlanti joue habilement, de manière épisodique. Mais cela reste encore trop inégal pour devenir une vraie réussite. Le « feel-good movie », romance adolescente mièvre, parfois touchante, parfois coupable de raccourcis. Love, Simon, tiré du roman de Becky Albertalli, tend vers l’ennui avant de nous surprendre dans la seconde moitié, pour finir sur une note finale très prévisible. Rien de bien folichon sans pour autant être indigeste.

Casting : Nick Robinson, Katherine Langford, Jennifer Garner, Josh Duhamel, Alexandra Shipp, Logan Miller, Jorge Lendeborg Jr.

Fiche technique : Réalisé par : Greg Berlanti / Date de sortie : 27 juin 2018 / Durée : 110 min / Scénario : Elizabeth Berger, Isaac Aptaker, Becky Albertalli / Photographie : John Guleserian / Musique : Rob Simonsen / Distributeur suisse : Fox-Warner