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Lolo Zouaï, la franchise et le talent

Jeune artiste qui commence à faire un sacré bruit, depuis son New York chéri, Lolo Zouaï avance sans se retourner et ça lui réussit. De sa naissance à Paris, en passant par San Francisco et Nashville, la Franco-Américaine se fraie un chemin toujours plus haut dans les charts. Avant son concert au Montreux Jazz Festival, Lolo Zouaï nous explique sa trajectoire musicale, son besoin irrépressible de suivre son instinct. 

« High Highs to Low Lows » est le premier single qui a catapulté la jeune artiste sur le devant de la scène. Pas la moindre promo, c’est Spotify qui s’en charge, qui la programme dans l’une de ses playlists « Fresh Finds », pour lui « offrir » plus d’un million d’écoutes. Un morceau composé loin des gros labels, ceux-là même à qui elle a claqué la porte, fatiguée de ne voir que du toc comme ces grosses majors en font beaucoup. Zouaï a trouvé sa véritable identité, sachant pertinemment qu’elle souhaite continuer en solo pour faire la musique qu’elle veut et non celle des autres. « Au début j’ai délaissé les gros labels. Moi j’ai une vision. Je ne veux pas être simplement chanteuse et délaisser les à-côtés. Des fois je dis non à des projets qui vont possiblement marcher et rencontrer un gros succès, mais ce n’est pas ce que je veux faire : je veux diriger ma carrière », nous explique-t-elle. Une indépendance qu’elle continue à cultiver, entourée d’une équipe restreinte.

« Au début je n’avais pas mon identité dans la musique »

Son charme opère, un brin timide, maniant à merveille la langue de Molière – même si elle préfère parler anglais. « Au début je n’avais pas mon identité, je refusais de m’associer à ces gros labels. Maintenant, je sais qui je suis, j’ai mon identité, je viens de signer avec RCA Records et Because Music en France. » Contente de ce « partnership », contente de pouvoir évoluer sans restriction, elle peut enfin se libérer artistiquement. Lolo Zouaï, accompagnée de son manager Doug, est en pleine ascension et entame son évolution : « après cette série de concerts, je vois la musique différemment. J’ai hâte de retourner en studio avec les différentes idées accumulées grâce à mes expériences scéniques. J’ai énormément évolué, et il le faut. »

« Je reconnais les bonnes ou les mauvaises personnes »

Bien dans ses baskets, le regard franc. Un premier album prometteur, plusieurs morceaux de qualité. Les sommets ne lui font pas froid aux yeux. Sa franchise, son authenticité frappent de prime abord. « Si une artiste est elle-même, elle fait ce qu’elle veut. Les gens vont sentir qu’elle fait ce qu’elle veut, qu’elle ne triche pas face à ses fans. La franchise marche, rien d’autre », insiste-t-elle en vous regardant fixement. La belle Lolo Zouaï séduit par sa musique et son franc parler. Catapultée dans « la grosse pomme » grâce à une Green Card remportée à la loterie – par sa mère -, pouvons-nous parler d’un tournant ? Peut-être, car traverser l’Atlantique lui a ouvert une nouvelle brèche musicale. Bien qu’elle garde un penchant marqué pour le R&B francophone, elle admet un gros faible pour le rap Bay Area – conséquence de son passage à San Francisco – et surtout E-40. Alors à la question de savoir si elle se considère comme une artiste R&B, moule qu’on lui prête de manière hâtive : « C’est compliqué, tu ne peux pas avoir plusieurs genres. J’aime pas trop les catégories, mais mes chansons sont très pop et R&B. » 

Après sa performance énergique et charismatique au Liszto club, Lolo Zouaï prouve qu’elle a tout d’une grande, d’une future pointure. Caractère bien trempé, décidée à tracer sa route le plus loin possible des carcans musicaux prédéfinis, en restant peu mais bien entourée. Une véritable sincérité qui fait du bien au milieu de ces nombreux artistes émergents. « Quand il y a du monde, c’est tout de suite plus compliqué. Il n’y a pas besoin d’avoir du monde autour de toi. C’est plus important de trouver les bonnes personnes. Je reconnais rapidement les bonnes ou les mauvaises personnes. » Et de terminer sur la question de savoir si elle a peur de se produire dans une grande salle : « I like it » accompagné d’un grand sourire. Le charme opère, l’ambition est débordante. Lolo Zouaï est à surveiller de près.