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L’étreinte mélancolique de Palatine ne vous lâchera pas de si tôt

« Comme ce rouge me plaît », glisse Vincent Ehrhart-Devay avec une légère voix tremblante. Non, ce n’est pas de foot, du carton rouge pour être exact, dont on parle. C’est d’un grand paon de nuit qui dévoile son plumage nocturne de manière progressive. Non, il ne braille pas ce paon de nuit, il chante la mélancolie avec douceur et se livre à travers un premier album (prévu le 23 mars) surprenant de justesse.

Après quelques années passées à Londres à travailler dans un studio d’effets spéciaux, Vincent Ehrahart-Devay s’imprègne de l’ambiance londonienne en 2004. Quelques rencontres outre-manche l’inspire, comme celle avec Portico Quartet. S’ensuivent quelques apparitions en live et le voilà de retour au bercail : à Paris, en 2010. Une nouvelle expérience avec un groupe qu’il fonde et nomme Horla Patrie, avant que le quintet ne se sépare en 2013. Vincent acquiert encore un peu d’expérience avant de se lancer dans le projet Palatine durant l’été 2014.

Premier album rouge sang et sombre comme la pénombre

Dorénavant lancé, le projet Palatine regroupe également Jean-Baptiste Soulard, Adrien Deygas et Toma Mileteau. Un quatuor qui avance gentiment mais sûrement et présente un premier album à la folk envoûtante, douce et pleine de poésie. Dès son entame, on est rapidement captivé par la justesse, le timbre de voix sombre et chaleureux de Vincent Ehrahart-Devay. Un premier morceau qui s’articule autour de textes sensibles. Un tout qui vous enveloppe dans de subtiles orchestrations.

L’enchaînement continue avec l’excellent « Paris-L’Ombre », avant de basculer à « Baton Rouge », morceau mélangeant anglais et français et faisant écho à l’héritage francophone de la capitale de la Louisiane. Palatine persiste dans le registre anglophone avec « City of Lights », une piste tout en équilibre, avant de retrouver le français et découvrir « Ecchymose », peut-être le morceau faible de l’album.

Les influences notoires comme PJ Harvey ou Timber Timbre sont perceptibles. La congestion de ces détails, richesse instrumentale et justesse d’écriture, fait de ce premier album une véritable réussite en tout point. On se laisse ensorceler et caresser par la voix sensible de Vincent Ehrahart-Devay jusqu’au terme de l’album : « Grand Paon de Nuit » et « C’était un loup », comme un air emprunt de poésie qui termine son envol alors que le soleil commence à faire son apparition.

palatinemusic.fr