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Les Animaux Fantastiques 2 : la magie n’opère que partiellement

Difficile de passer à côté d’Harry Potter et du succès mondial de la saga littéraire. Mais bien avant Harry Potter et ses petites aventures à l’école de sorciers, il y a Norbert Dragonneau (Eddie Redmayne) et ses animaux fantastiques. Albus Dumbledore, joué par Jude Law, est encore jeune, sans sa barbe imposante. Le danger n’est pas Voldemort, mais Gellert Grindelwald (Johnny Depp). L’intrigue se déroule en 1927 et nous situe dans une époque encore inconnue, mais tout aussi magique et maléfique.

Photo copyright : Warner Bros / Jaap Buitendijk

La menace « bernoise » symbolisée par Gellert Grindelwald recouvre de voiles noirs la ville de Paris. Une fois échappé de sa prison new yorkaise, l’objectif est de rassembler un maximum de sorciers pour le suivre dans une sorte de révolution. De nombreux moldus vont périr dans l’histoire. Mais face au danger imminent, Dumbledore, anciennement très lié avec le sorcier blond, fait appel à son ex et talentueux élève, Norbert Dragonneau. Toujours aussi nonchalant, le regard fixé vers le sol, la mèche rebelle, Norbert est interdit de séjour hors de son antre londonienne. Le ministère de la magie lui interdit formellement de prendre la poudre d’escampette. Très compliqué de faire un saut à Paris, mais rejoint par son acolyte Jacob (Dan Fogler), Queenie (Alison Sudol) et un peu plus tard sa chère et tendre Tina Goldstein (Katherine Waterston), le sorcier-vétérinaire est lancé aux trousses de l’ouragan de sorcellerie noire.

Transition trop fournie, trop riche

La première séquence, censée nous immerger dans une ville de New York arrosée par la pluie, lance les hostilités de manière confuse : Grindelwald met en application son évasion comme évoquée dans le premier volet des aventures des Animaux Fantastiques, sorti en 2016. Hideuse dans sa mise en scène, aveuglante avec ces lumières au mécanisme kaléidoscope, la mise en bouche met rapidement sur la retenue. D’entrée de jeu, David Yates lance les hostilités, avant de nous ramener à un moment d’accalmie. Norbert est au Ministère de la Magie, rencontre son frère Thésée (Callum Turner) et sa future fiancée Leta Lestrange (Zoë Kravitz), avant de se faire remettre à l’ordre par les hautes sphères ministérielles.

Photo copyright : Warner Bros

La suite est un enchaînement plutôt correct, où David Yates prend (trop) le temps de poser les bases d’un film dit de transition. Le problème classique d’une saga comme celle-ci se retrouve dans ce nouveau volet des aventures de Norbert : une multitude de personnages effleurés et un rythme inégal. Difficile de donner du temps d’écran à cette large brochette de protagonistes, alors que le Mal s’abat sur la planète. Là est le problème, les histoires se croisent et se décroisent. Résultat : plusieurs séquences sont dispensables et la cadence est freinée.

Casting correct et effets spéciaux réussis

Yates, tentant de se dépêtrer avec sa horde personnages, se rend coupable d’errances et de scènes bâclées, s’étouffe dans sa propre mise en scène. De ce fait, la guerre, l’Apocalypse annoncée par Grindelwald en devient une longue mise en place légèrement barbante. Une structure un peu tremblante, à force de courir après tous les lièvres, se fragilisant plus le film avance. Le cinéma n’est pas littérature, c’est là que le bât blesse avec ce second épisode des aventures des Animaux Fantastiques. Heureusement que les décors nous rendent béats, la pluie d’effets spéciaux réanime à coup sûr l’enfant qui sommeille en chacun, à se faire balader dans un monde foisonnant. Une magie qui vous embarque dans une dimension temporelle fantastique.

Jouant sur les souvenirs de la saga Harry Potter, un air plaisant tout de même, nous pousse à croire que Les Animaux Fantastiques manque d’une véritable âme, cherchant à se détacher de l’image du petit garçon à la cicatrice en forme d’éclair. Le casting en général correct et les mélodies virevoltantes de James Newton Howard ne parviennent pas à donner l’élan qui ferait la différence. Sans convaincre complètement, la sensibilité et la percée dans le monde de la magie réussit à nous immerger malgré tout.

Casting : Eddie Redmayne, Katherine Waterston, Johnny Depp, Dan Folger, Alison Sudol, Jude Law, Ezra Miller, Zoë Kravitz, Callum Turner

Fiche technique : Réalisé par : David Yates / Date de sortie : 14 novembre 2018 / Durée : 134 min / Scénario : J.K. Rowling / Musique : James Newton Howard / Photographie : Philippe Rousselot / Distributeur suisse : Fox-Warner