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Le charme et le talent de Charlotte Cardin attendus sur la plaine de l’Asse

Si au Québec son nom brille de mille feux, sa popularité est encore fragile en Suisse, mais naissante. Remarquée dans La Voix, l’équivalent de The Voice chez nous, et également grâce à un duo avec Garou en 2013, Charlotte Cardin continue à gravir les échelons sans s’affoler et se retrouve de plus en plus sous les feux de la rampe. Les millions de vues qu’elle accumule en disent long sur sa cote de popularité croissante. Ancien mannequin, la chanteuse s’est frayée un chemin hors des frontières canadiennes avec son premier album-EP Main Girl, une extension de son premier EP intitulé Big Boy, sorti en 2017. Elle a même réussi à taper dans l’oeil de Nick Murphy (anciennement Chet Faker) et a assuré les premières parties de l’artiste australien.

Photo copyright : Courtoisie

Désormais âgée de 23 ans, la Montréalaise est prête à passer à la vitesse supérieure. Avant son passage à Paléo le 17 juillet prochain, Charlotte Cardin évoque sa carrière suite à sa participation à La Voix, la difficulté à se fondre dans un style de musique défini et l’exportation des artistes québécois en Europe. Entretien à déguster dans votre plus beau québecois.

 

Vous êtes devenue célèbre dans votre pays grâce à une émission de télévision (La Voix au Québec / The Voice en France et en Suisse). Ce n’est pas toujours un avantage d’entrer dans l’industrie de la musique via ce genre de télé-crochet. Comment avez-vous géré votre parcours musical après cette expérience ?

J’ai pris un peu de temps après La Voix pour comprendre ce que je voulais faire. Je suis retournée à l’école, j’ai traîné avec mes amis, j’ai passé du temps avec ma famille et j’ai réfléchi. C’est à ce moment que j’ai commencé à écrire mon premier EP, Big Boy. La Voix a été une expérience merveilleuse et j’ai rencontré tant de personnes qui me sont chères, mais je pense qu’afin de créer quelque chose qui vous représente réellement, vous devez prendre le temps de vous isoler, rester loin de la lumière.

Nous pouvons ressentir une véritable volonté d’explorer de nombreux styles de musique dans vos chansons. Du hip-hop, de la soul, même du reggae (légèrement présent dans son nouveau single California). Sachant que votre père est un fan de rock, quel style de musique vous définit le mieux ?

Je ne pense pas pouvoir répondre correctement à cette question… enfin si Céline Dion, Snoop Dogg, Nina Simone, Elliott Smith et Radiohead créent un nouveau genre tous ensemble, je suppose que ce serait mon style.

Nous étions à Calgary en septembre 2016 et il y avait des affiches placardées de vous partout dans les rues. C’est également là que nous avons entendu parler de vous pour la première fois, sur une radio canadienne locale. En Suisse, vous n’êtes pas encore très populaire. Par exemple, l’un de vos compatriotes, Loud, a commencé une promotion massive en France. Pensez-vous que, même si internet a changé la donne, les artistes francophones du Canada ont du mal à percer en Europe ?

Cela n’a pas été mon expérience. Je me suis toujours sentie si bien accueillie en Europe, comme si c’était ma deuxième maison. Je sens que le Québec, la France, la Suisse et la Belgique ont de très bonnes relations en général à cause de nos cultures similaires et aussi notre langue. Les artistes du Québec ont généralement plus de succès en francophonie par rapport aux États-Unis et même dans la partie anglophone du Canada.

Il y a plus de chansons en anglais sur Main Girl. Deux morceaux en français (ndlr : Faufile est l’un de nos préférés). Vous sentez-vous plus à l’aise en anglais ou est-ce plutôt pour toucher un public plus vaste, plus international ?

Je me sens à l’aise dans les deux langues parce que je viens d’un milieu très bilingue, bien que le français soit ma langue maternelle et la langue que je parle le plus. Quand j’écris, je ne me limite pas au choix de langue, je laisse juste sortir ce qui doit sortir dans n’importe quelle langue.

Je sens que le Québec, la France, la Suisse et la Belgique ont de très bonnes relations en général à cause de nos cultures similaires

Vous étiez mannequin dès l’âge de 15 ans. Était-ce un inconvénient au début de votre carrière de chanteuse ?

Pas du tout. Avoir une petite carrière de mannequin m’a vraiment appris à être à l’aise sur scène, devant une caméra et dans les interviews. Il est juste difficile de passer à autre chose et d’être vue uniquement comme une musicienne, et non pas comme une musicienne/mannequin qui chante ! Mais je dois avouer que ça a été bon dans l’ensemble.

Vous avez dit que vous donniez beaucoup de vous-même dans vos chansons. La musique est-elle un moyen d’exprimer des choses que vous ne pouvez exprimer dans la vraie vie ? La musique est un moyen de savoir qui vous êtes vraiment ?

C’est aussi un moyen de découvrir la vie de mes amis (rires). J’aime écrire sur les relations et je me sens inspirée par les gens qui gravitent autour de moi. De leurs manières d’agir à leurs expériences de vie etc.

La douleur et la tristesse sont-elles des champs plus fertiles pour composer des chansons ? Pensez-vous que le processus de création est plus puissant quand la tristesse prend le dessus ?

Je suppose que c’est plus puissant dans le sens où si vous vous sentez triste, vous avez besoin de faire ressortir la chose qui vous rend réellement triste. Et écrire une chanson est une excellente façon de le faire. La tristesse est plus une motivation. Mais il y a également des chansons incroyables qui ont pris forme dans des moments heureux.

Votre premier coup de coeur musical est…?

Céline Dion !

Et écoutez-vous un artiste en particulier en ce moment ?

Je suis obsédée par le duo formé par Coeur de Pirate et Loud. Le morceau s’appelle Dans la nuit. La meilleure chanson pour une virée en voiture.

Vous serez en concert au Paléo à Nyon en juillet. Est-ce votre première fois en Suisse ? Qu’est-ce que vous connaissez de la Suisse ? 

Ce n’est pas ma première fois en Suisse. Mon groupe et moi sommes venus en mars pour le Radar Festival à Zürich. Ce que je sais de la Suisse, c’est ce mélange de nourriture délicieuse, de gens accueillants et gentils et de paysages à couper le souffle. J’ai hâte de retourner en Suisse !

Quel est le festival où vous rêveriez de vous produire ?

Le Primavera et Coachella sont bien entendu les buts ultimes.

Dernier point mais non des moindres. Nous posons souvent cette question aux artistes que nous interviewons. Si vous deviez choisir une personne (célèbre ou non) pour en faire son apologie, laquelle serait-ce ? Et pourquoi ?

Ma soeur. Elle est mon modèle. C’est une femme si forte, confiante et belle. Elle m’inspire tous les jours avec sa détermination et son grand coeur. Elle est la personne la plus franche que j’aie jamais rencontrée. Elle m’a appris à dire ce que je pense et, encore aujourd’hui, à ne pas laisser les autres me marcher dessus.