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Lara Croft passe du mode humain à surhumain

Le renouvellement de la franchise Tomb Raider amène un peu plus cette touche de super-héros féminins. La MGM ne s’y trompe pas et remet au goût du jour Lara Croft, chasseuse de reliques, aventurière à la bravoure sans égale. Après deux volets exécrables, la saga Tomb Raider ne pouvait que faire mieux sous la houlette du cinéaste norvégien Roar Uthaug (The Wave).

Du haut de ses 21 ans, Lara (Alicia Vikander) est coursière à vélo. Une vraie tête de mule qui refuse de récupérer l’empire et la fortune de son père Richard Croft (Dominic West), explorateur fasciné et exilé sur une île retirée, située au Japon, depuis plus de 7 ans. Tout le monde pense que l’homme est mort, sauf Lara. C’est en fouillant les affaires de son père qu’elle décide de prendre son courage à deux mains et met le cap sur ce petit bout de terre si cher à son père.

Fidèle au jeu vidéo

Agile en vélo, moins habile quand il faut sortir les poings, Lara Croft est une jeune fille têtue et rebelle. Les premières bases distillées par Uthaug sont simples, laissant entrevoir une Lara Croft plus humaine que celle campée par Angelina Jolie auparavant. L’aventure commence de manière très standard, présentant les personnages comme ceux de Ana Miller (Kristin Scott Thomas) ou celui de Lu Ren (Daniel Wu). La première partie, elle, voit grandir la jeune rebelle comme une jeune femme banale.

Photo copyright : Metro Goldwyn Mayer / Warner Bros

Et si les premiers jalons dépeignent une vraie guerrière avec ses nombreux défauts, très maladroite mais obstinée, son caractère très tête brûlée gommera ses maladresses d’antan. Chassez le naturel, il revient au galop. Après que son père ait distribué les miettes de pain pour l’attirer sur cette île dangereuse et mystérieuse, sans vraiment le vouloir à vrai dire, elle devient de plus en redoutable malgré les coups, les lacérations et les situations périlleuses, voire insurmontables, et virevolte, piolet à la main, comme Chris O’Donnell dans Vertical Limit. Ou mieux, une Bruce Willis au féminin. Elle est loin la Londonienne qui se faisait massacrer sur le ring par sa partenaire de jeu. Au lieu de ça, Lara Croft tient tête à une armée de mercenaires, emmenée par un très faible Walton Goggins, dans la peau du méchant Mathias Vogel. L’acteur américain, gigantesque sous les ordres de Tarantino, est comme absent, il n’est que l’ombre de lui-même. Peut-être que le point faible réside dans le casting. Même les grands noms tels que Kristin Scott Thomas ou encore Dominic West ne sont pas vraiment servis par leur rôle.

N’ayez aucune attente et tout se passera bien

Au fur et à mesure, Tomb Raider s’annonce comme un film d’action à l’image des productions vues ces derniers temps. Rien de flamboyant, rien de novateur, juste du spectacle calibré pour combler les spectateurs avides de séquences à l’action démesurée, les autres vont ressortir déçus. Le joli minois d’Alicia Vikander et son envie débordante de camper une jeune fille aventureuse ne suffisent pas. L’aventure prend des allures de casse-tête japonais, à force d’essayer de comprendre qu’est-ce qu’il se trame dans ce tombeau de la déesse de la mort Himiko. On garde cette séquence plutôt réussie (tout en émettant beaucoup de réserves) où le sol se dérobe alors que Lara cherche à comprendre l’énigme qui lui permettra à elle et ses acolytes de sortir vivants de ce traquenard. Des scènes qui font honneur au jeu vidéo, mais qui ne font pas notre bonheur. En fin de compte, force est de constater que la matière présentée n’a rien de grandiose, mais les deux derniers volets (2001 et 2003) étaient si mauvais que celui-ci ne pouvait qu’élever le niveau. En partant de ce point de vue, la Lara Croft millésime 2018 est correcte. En somme, n’ayez aucune attente et tout se passera bien.

Casting : Alicia Vikander, Dominic West, Walton Goggins, Kristin Scott Thomas, Daniel Wu

Fiche technique : Réalisé par : Roar Uthaug / Date de sortie : 14 mars 2018 / Durée : 118 min / Scénario : Geneva Robertson-Dworet, Alastair Siddons / Musique : Junkie XL / Photographie : George Richmond / Distributeur suisse : Fox-Warner