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La saga Millenium meurt avec son auteur…

Adapté de la saga Millenium de Stieg Larsson, mais cette fois-ci écrit et repris par David Lagercrantz, Millenium : ce qui ne me tue pas suit Lisbeth Salander dans sa quête de justicière mystérieuse. Nous retrouvons Claire Foy dans un genre de rôle qu’on ne lui connaissait pas : un rôle physique, une vraie star de film d’action. Le tatouage en évidence dans le dos et une soif de justice toujours aussi vive, Lisbeth Salander, héroïne légendaire de la saga pensée par Stieg Larsson refait surface. Sous la houlette de Fede Alvarez, dont on se souvient de l’excellent Don’t Breathe, ce nouveau volet traite d’un complot pour dérober un programme informatique contrôlant la quasi totalité des systèmes de missiles mondiaux. Mais bien entendu, Lisbeth, cyber-hacker, ange de la nuit, n’est pas la seule à s’intéresser au produit. Des hommes mystérieux et violents la coursent. Une fois n’est pas coutume, c’est vers son ami journaliste, Mikael Blomkvist (Sverrir Gudnason) qu’elle se tourne.

Lisbeth Salander sombre dans la prévisibilité

David Fincher réussissait à rendre hommage à la saga Millénium grâce à sa maîtrise. Son travail était méticuleux et la neige contrastait avec la noirceur des personnages imaginés par Larsson. Alvarez n’a pas l’expérience de Fincher, certes, mais sa manière d’aborder le sujet n’est pas aussi subtile, stylisée que son prédécesseur. Peut-être y voyait-il une pseudo James Bond au féminin ? L’action-girl désirée par Alvarez est en fait fade, presque rendue idiote par le dénouement. Malgré les prouesses d’actrice de Claire Foy, le personnage de Lisbeth manque cruellement de substance, de nuance. Millénium : ce qui ne me tue pas manque de radicalité, d’une mise en scène plus frontale.

Photo copyright : Sony Pictures Entertainment

Pour la suite, le véritable problème réside dans un scénario prévisible. Étonnant, sachant que Steven Knight (Locke) se trouve dans le trio de scénaristes pour adapter l’histoire. Car les questions se dérobent derrière un épilogue cousu de fil blanc, comme le nez au milieu du visage, et laisse les personnage secondaires au bord de la route. Et nous de penser qu’un mauvais souvenir réapparaît : la catastrophe du Bonhomme de neige signée Tomas Alfredson. Un acteur principal de talent, Michael Fassbender, et un scénario qui vous glace le sang. Malgré les belles promesses, le résultat était désastreux. Millénium : ce qui ne me tue pas est un naufrage semblable.

Outre Claire Foy, que dire du rôle (très) secondaire de Lakeith Stanfield, dans la peau d’un agent de la NSA, totalement inutile et perdu dans la matrice. Ou celui de Sverrir Gudnason, légendaire Bjorn Borg, s’enlisant dans son rôle inexpressif, ô combien ennuyeux dans son costume de journaliste, ami de Salander. À sauver, les premières vingt minutes plutôt entraînantes. Mais dans son ensemble, Fede Alvarez tente désespérément de tisser une toile incertaine, façonnant une Lisbeth Salander format James Bond, oubliant complètement la sève même des romans de Stieg Larsson : Lisbeth Salander est une anti-héros, opérant dans l’ombre, et dans toute son imprévisibilité. La toile fige une histoire complètement statique, sans âme, loin de l’atmosphère glaciale des oeuvres littéraires de Stieg Larsson. Beau raté.

Casting : Claire Foy, Sverrir Gudnason, Sylvia Hoeks, Lakeith Stanfield, Claes Bang

Fiche technique : Réalisé par : Fede Alvarez / Date de sortie : 14 novembre 2018 / Durée : 116 min / Scénario : Steven Knight, Fede Alvarez, Jay Basu / Musique : Roque Banos / Photographie : Pedro Luque / Distributeur suisse : Sony