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La Prophétie de l’Horloge : un tic-tac à la fantaisie bien pâle

Un tic-tac inquiétant qui résonne dans une maison dite hantée. Ouh, ça semble terriblement captivant, n’est-ce pas ? En adaptant l’auteur John Bellairs (The House With A Clock In Its Walls, 1973), Eli Roth embrasse un nouveau genre, loin du style épouvante-horreur qu’il affectionne tant. Une aventure magique qui débute quand Lewis (Owen Vaccaro), petit gars de 10 ans et orphelin, est débarqué chez son oncle et mage, Jonathan Barnavelt (Jack Black). Une maison étrange, où une bizarre malédiction se cache entre les murs de la bâtisse.

Produit par Steven Spielberg, La Prophétie de l’Horloge est, soyons francs d’entrée, un film raté, piétiné par les mauvais choix d’Eli Roth. Loin des atrocités d’Hostel, Roth s’essaie maladroitement au conte gothique enfantin, entre Harry Potter et Chair de Poule. On sent également un cinéma emprunté à Tim Burton dans une moindre mesure, mélangé à la patte de Chris Colombus, et vous avez un premier aperçu de l’univers choisi par « l’Ours juif » d’Inglourious Basterds.

Humour douteux et distribution absente

La magie n’opère jamais, surtout quand Roth essaie d’instaurer de l’humour dégoulinant, qui ne colle pas du tout à ce monde ado-fantastique aussi inintéressant qu’une pub pour les assurances maladie. Le cruel manque d’inspiration de Roth se reflète par son incapacité à véritablement nous emporter dans les entrailles d’une maison qui, au premier abord, ressemble à l’immense manoir de Casper… sans les surprises. Oui, c’est bien le problème. Rien ne joue dans une réalisation peu inspirée, qui ne nous transporte jamais dans une autre dimension rêveuse et foisonnante d’inventivité. Des effets spéciaux abjects, symptomatiques de la faiblesse d’un film bâclé. Un croisement (inutile) de plusieurs cinéastes capables de porter un projet de cette ampleur, mais qui n’est malheureusement pas le cas d’Eli Roth, plus à l’aise dans un autre genre.

Photo copyright : Storyteller Distribution Co., LLC

Et que dire de l’autre déception : Cate Blanchett. Loin des standards auxquels elle nous a habitués, l’actrice américaine se fourvoie magistralement, en surjouant dans son costume de Mme Zimmermann, en pseudo deuil. Jack Black lui emboîte le pas, et pas qu’un peu, dans un rôle agaçant d’oncle « cool ». Et pour transformer l’essai, Owen Vaccaro est l’exemple même de l’enfant-acteur tout bonnement mauvais, au jeu figé et irritant. C’est la distribution entière qui est aux abonnés absents, salie par la piètre direction d’acteur. Même Kyle MacLachlan est médiocre.

Loin d’être divertissant, La Prophétie de l’Horloge n’exerce jamais sa magie, n’use jamais de son matériel enchanteur. Un film aux idées recyclées. Pas une seule chose à sauver dans ce naufrage. Le monde des mages n’est qu’une illusion, un sort qui nous ramène au néant d’une oeuvre sans âme et sans folie.

Casting : Jack Black, Cate Blanchett, Owen Vaccaro, Sunny Suljic, Kyle MacLachlan, Renée Elise Goldsberry

Fiche technique : Réalisé par : Eli Roth / Date de sortie : 26 septembre 2018 / Durée : 106 min / Scénario : Eric Kipke, John Bellairs / Photographie : Rogier Stoffers / Musique : Nathan Barr / Distributeur suisse : Universal Pictures