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La Belle et la Bête : un conte de fées moderne

Vous avez rêvé de voir La Belle et la Bête prendre forme humaine ? Disney l’a fait pour vous 26 ans plus tard, adapté dans un live-action féerique où la charmante Emma Watson campe Belle et le talentueux Dan Stevens se glisse dans la peau de la Bête.

La magie du film original est toujours compliquée à retranscrire. Déjà dans un contexte actuel où tout prête à s’offusquer pour le moindre détail. Un personnage au penchant homosexuel ou l’étrange histoire d’amour – qu’on pourrait qualifier de légendaire – qui s’apparenterait tout bonnement à une forme de syndrome de Stockholm. La sortie du nouveau blockbuster Disney peut être interprété de différentes manières, et c’est avant tout le caractère « homosexuel » qui dérange des pays comme la Russie ou l’état d’Alabama. Tout s’emballe pour un personnage, Le Fou en l’occurrence, très « passionné » par Gaston (Luke Evans). Et voilà que certains pays parlent de « déviance de valeurs saines et dominantes », usant de la censure pour épargner de pauvres petits innocents. Oui, tant de bêtise prête à rire.

Un vrai conte de fées moderne

En 2014, la France s’était mise en tête de réaliser « son » Belle et la Bête. Avec Léa Seydoux et Vincent Cassel, le film de Christophe Gans s’adressait à un public adulte. Le remake américain, lui, est calibré pour plaire aux petites filles rêveuses, elles qui vont avoir les yeux écarquillés devant les décors majestueux et les nombreux personnages qui peuplent le monde imaginaire de La Belle et la Bête. La version de Bill Condon est plus moderne, plus diversifiée dans un sens. « Sa » Belle est une femme au caractère fort et indépendant. On pourrait la qualifier de féministe. Un destin qui colle parfaitement à Emma Watson, sachant que l’actrice est une militante reconnue de la cause des femmes.

Photo copyright : Walt Disney Pictures

Disney et Condon ont décidé de donner une allure moderne en gardant les bases de l’oeuvre originale. Avec de nombreux temps morts en musique, Beauty and The Beast virevolte à travers les chansons, les chorégraphies drôles et parfois pompeuses. Drôle comme Luke Evans campant la brute épaisse qu’est Gaston, éperdu d’amour rien qu’en apercevant la beauté innocente de Belle. Hilarant comme les meubles qui peuplent le château du prince transformé en bête, spécialement Audra McDonald changée en « garderobe » ou Ewan McGregor en chandelier répondant au nom de « Lumière ».

Une Bête qui n’est pas illettrée

Comme le démontrait l’original, derrière l’apparence physique se cache souvent bien des surprises. Une morale qui perdure dans la cuvée 2017. Cette fois-ci, le prince possède une bibliothèque gigantesque et fera chavirer son invitée grâce à son amour pour la lecture. Le psychique prend le pas sur le physique. Le héros reclus et laid prend le dessus sur l’autre héros au physique avantageux.

Mais derrière cette romance et les artifices, La Belle et la Bête reste un film standard qui force le trait et reste léger dans son traitement. Avons-nous besoin d’un énième Belle et la Bête ? Rien n’est moins sûr. D’ailleurs, il était compréhensible de voir Ryan Gosling quitter le navire pour se focaliser sur La La Land. Dan Stevens, excellent acteur, se retrouve « compressé » dans son costume de prince ensorcelé et gardien d’une rose, qu’il n’arrive jamais à quitter malgré les grondements. Ce qui est certain, Bill Condon s’efforce à rendre le récit éblouissant mais ne soulève pas l’intérêt général.

Casting : Emma Watson, Dan Stevens, Luke Evans, Kevin Kline, Josh Gad, Ewan McGregor, Stanley Tucci, Audra McDonald, Ian McKellen, Emma Thompson

Fiche technique : Réalisé par : Bill Condon / Date de sortie : 22 mars 2017 / Durée : 2h14min / Genre : Romance, Fantastique / Pays : USA / Scénario : Evan Spiliotopoulos, Stephen Chbosky, Jeanne-Marie Leprince de Beaumont / Musique : Alan Menken / Photographie : Tobias A. Schliessler / Distributeur suisse : Disney