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Kingdom : au milieu des zombies, la soif de pouvoir

À l’heure où The Walking Dead apparaît comme la référence des série zombie, Netflix y voit une brèche pour lancer sa série du genre. Avec Kingdom, la firme de Los Gatos réussit quelque chose d’assez osé avec son drame historique peuplé de morts-vivants, adapté d’une série de webcomics imaginé par Kim Eun Hee, scénariste de la série. C’est aussi la première série coréenne sous la coupole Netflix.

Photo copyright : Juhan Noh / Netflix / Tous droits réservés

À l’époque médiévale, la famine et la corruption sont de mise en Corée. Et comme un problème n’arrive jamais seul, un mystérieux fléau frappe le royaume et les provinces environnantes. La Corée de la période de Joseon est à feu et à sang. Le prince héritier (Ji-hoon Ju) décide de comprendre les origines de ce virus qui transforme les gens en « monstres ». À commencer par son père.

Visuellement sublime

La mise en bouche est excellente. Un sens du cadre, une esthétique qui rappelle le travail méticuleux de Park Chan-Wook – qui a réalisé dernièrement The Little Drummer Girl. La beauté cinématographique coréenne au service de Netflix. Techniquement, Kingdom nous comble dès sa mise en place. Le premier épisode convainc rapidement et les suivants sont furieux de combats chorégraphiés et de retournements de situation. L’oeil de Seong-hun Kim (Tunnel) fait des merveilles, à force de se faufiler entre les murs du royaume, à coups de jeu d’ombres, on tombe sous le charme. Kingdom fonctionne comme une vraie série, démarrant habilement et graduellement, elle nous embarque dans un complot royal. Et si les zombies sont plus véloces que dans Walking Dead – n’en déplaise à George Romero -, Kingdom s’attaque aussi au récit social : se défendre face aux zombies a un goût de contexte migratoire très actuel. Endormis la journée, la nuit c’est jour de fête pour les morts-vivants. L’épidémie est telle qu’elle ravage un hospice, futur camp de base pour le prince héritier, Chang, lui fuyant un régime corrompu et surtout hanté par la question : qu’est-il arrivé à son père, sa Majesté ? Avec pour fidèle compagnon et garde du corps, Mu-yeong (Sang-ho Kim), il n’hésite pas à quitter son confort pour faire front.

Photo copyright : Juha Noh / Netflix / Tous droits réservés

Sur les 6 épisodes, tous excellents visuellement et aboutis, Kingdom s’équilibre astucieusement entre la série costume et la quête initiatique entourée de zombies. Un vrai divertissement qui s’emboîte parfaitement, proposant une réflexion sociale bourrée d’action. On retient une séquence « clin d’oeil » subtile sur l’immigration, ou encore cette autre diatribe dirigée vers les érudits qui « ne se battent pas, mais réfléchissent pour les autres ». Kingdom n’est pas uniquement un divertissement gore. Sa grande force, derrière les agitations zombiesques, s’articule autour d’un scénario au dénouement bien fichu.

Les ressemblances avec The Walking Dead s’arrêtent là

Des personnages à leur place, tous avec leurs temps forts, et des scènes épiques. Netflix s’attaque avec un certain brio au genre. Et même si la tension s’étiole parfois, inégale entre le 4ème et le 5ème épisode, la beauté picturale est un atout suffisant pour rester crocher. Pour le « duel » avec The Walking Dead, que beaucoup citaient avant même la sortie de la série, Kingdom file un coup de fouet salutaire au genre, avec ses originalités et ses défauts. Alors que dans l’autre camp, le show produit par AMC s’enlise depuis plusieurs saisons et peinent à (re)décoller. Avec Kingdom, Netflix vise juste grâce à un rythme efficace et endiablé. Le plaisir de cette nouvelle année sérielle.

 

Casting : Ji-hoon Ju, Ryu Seung-Ryong, Doona Bae, Jun-ho Heo, Sang-ho Kim

Fiche technique : Créée par : Kim Eun-hee / Date de sortie : 25 janvier 2019 / Format : 6 épisodes-50 min / Chaîne : Netflix