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Kid Francescoli : « J’aime l’interprétation qu’on peut donner aux chansons »

Kid Francescoli a profité de sa rupture pour pondre With Julia, avec son ex-copine, l’Américaine Julia. Un duo qui en est toujours un et qui revient avec un autre album intitulé Play Me Again. Mathieu Hocine, de son vrai nom, vient défendre son dernier bébé au Port Franc, à Sion, et à la Parenthèse de Nyon, le 15 et 16 septembre. Marseillais pure souche, Kid Francescoli déballe une pop électro sophistiquée qui mélange plusieurs univers. L’artiste de la cité phocéenne nous parle de son nouvel album, de la scène marseillaise et de sa soif de se produire autour du globe. Entretien.

Avec With Julia, il y avait cette rupture (sentimentale) en toile de fond. Avec Play Me Again, vous parlez d’une continuité, d’une suite de votre album précédent. Mais l’atmosphère qui s’en dégage, de Play Me Again, nous fait penser le contraire. Est-ce que la mélancolie a fait place à la joie ? D’ailleurs, ce nouvel album semble plus complet et abouti.

L’interprétation que chacun se fait d’un album est très personnelle et ça marche aussi pour ceux qui l’ont composé. Play Me Again est pour moi la suite logique, la continuité de With Julia dans le sens où nous avons mis à profit les heures passées sur la route ensemble et la présence de ladite Julia à Marseille pour pousser encore plus loin notre complicité dans l’écriture et la composition. Personnellement, je n’ai pas ressenti plus de joie en composant Play Me Again que With Julia, je dirais même le contraire puisque pour With Julia, j’étais en pleine découverte des États-Unis. J’ai eu le chance de beaucoup voyager, ça reste une période très joyeuse et excitante pour moi. Mais si les gens on ressenti l’inverse j’en suis ravi !

Vous n’avez qu’un seul morceau chanté en français sur votre opus. Excellent single, qui prend de l’ampleur plus les secondes s’égrènent et le final se termine en apothéose, n’ayons pas peur des mots. Mais le sens des paroles fait penser à une sorte d’ode à la superficialité qui règne en milieu urbain. Quel message Les Vitrines transmet-il ?

Le but était de chanter en français sans que les paroles soient trop profondes, faire quelque chose de léger. Les premières lignes ne vont pas trop dans ce sens mais je trouvais intéressant de casser ce sérieux en disant: « toi pas très subtil tu mates les filles ». Et puis ce côté superficiel des villes c’est aussi ce qu’on aime. J’avoue que je me matais dans les vitrines la première fois que je suis allé à New York, en me prenant pour de Niro. Mais qui ne l’a pas fait ?

On s’aperçoit que beaucoup d’artistes mettent un point d’honneur à classer leurs morceaux dans un ordre bien défini pour raconter une histoire, surtout les artistes hip-hop comme Kodak Black avec son dernier album (Project Baby 2) paru dernièrement, par exemple. Est-ce que Play Me Again suit cette lignée ?

Totalement. Dans tous mes albums d’ailleurs. La composition du tracklisting est mon moment préféré dans la création d’un album. J’adore les albums qui ont un début, un milieu et une fin. L’histoire ne se raconte pas seulement par les paroles ou les titres mais aussi avec l’atmosphère que chaque morceau dégage. J’aime l’interprétation qu’on peut donner aux chansons dans un tout. Par exemple, les milieux des deux derniers albums sont does she qui est « le pic » de With Julia et intermezzo qui est « la pause » de Play Me Again.

Personnellement, nous avons un gros coup de coeur pour It’s Only Music, Baby. Un morceau très coloré, entraînant qui se démarque fortement de votre album, avec une variation des styles (les saxos sont surprenants). Mais aussi pour Come Online qui reste plus sobre. Peut-on dire que ces deux titres sont les deux extrêmes de l’album ?

Je ne sais pas si ce sont les deux extrêmes mais en tous cas, ce sont définitivement les deux dont je suis le plus fier, je suis donc ravi de la façon dont vous avez accueilli l’album ! C’est vrai qu’il y a souvent des titres clefs dans un disque qui le résument. J’ajouterais peut-être The Player ou Moon pour avoir un échantillon représentatif de la totalité.

Après avoir joué (presque) dans le Stade Vélodrome, pardon, le Stade Orange Vélodrome, quel est le lieu (dans le même genre) où vous rêvez de vous produire ?

Il s’agit plutôt de villes et de pays plutôt que de lieux. Les États-unis, le Japon, l’Amérique du Sud, l’Afrique, partout en fait.

Parlons un peu de la scène marseillaise. Qui est à surveiller ou suivre ces prochaines années, hormis vous ?

Les potes de Nasser et Date With Elvis (dont j’ai produit l’album) qui vont bientôt sortir leurs nouveaux bébés. Mais il y en a tellement d’autres, Oh Tiger Mountain, Johnny Hawaii,…

Un peu de culture suisse : connaissez-vous l’homme le plus connu du Valais ? Indice : c’est un peu le Bernard Tapie helvétique. (Attention, vous allez vous produire à Sion, sur ses terres!)

Non pas du tout, vous m’en voyez désolé… vous croyez que je peux quand même aller jouer là-bas ? (rire)

Notre média s’appelle THE APOLOGIST et nous posons la question à chacun des artistes que nous interviewons : de qui voudriez-vous faire l’apologie ?

Frank Ocean. Je suis absolument fan de sa musique, surtout de son dernier album. Il l’a sorti pendant que j’étais en pleine composition de Play Me Again et il m’a fait autant de mal que de bien. La composition c’est beaucoup de questions, de remises en cause et quand j’écoute Frank Ocean j’ai l’impression qu’il est tellement loin, au-dessus de tout ça.

Finalement, qui est le dernier artiste sur qui vous avez cliqué ?

Tyler, the Creator

 

Site officiel : kidfrancescoli.com