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K.O. : Laurent Lafitte passe de la maîtrise à la dégringolade

Quand nous apercevons le grand « C » et que le personnage principal est un directeur de programme d’une grande chaîne de télévision, impossible de passer à côté du feuilleton « Bolloré » qui a émaillé Canal+ dernièrement. Raccourci facile, on vous l’accorde.

Il est question d’Antoine Leconte (Laurent Lafitte), un homme d’une arrogance qui n’a pas son pareil, aussi frigide et glacial dans son boulot que dans sa vie privée. Sa compagne, Solange (Chiara Mastroianni), en fait les frais. Sa secrétaire (Zita Hanrot) se retrouve tout ratatinée quand elle a l’audace de demander un petit coup de pouce pour évoluer au sein de la chaîne. « Ne demandez pas les choses, obtenez-les » lui assène Leconte. Un état d’esprit qui lui vaut de nombreuses critiques et bien des ennemis. Un jour, le destin s’en mêle et la vie du boss bascule dans l’inconnu. Un réveil à l’hôpital et c’est la descente aux enfers.

Photo copyright : Wild Bunch Distribution

Guérir le mal par le mal

Fabrice Gobert, connu pour la série Les Revenants, désarme et maltraite Laurent Lafitte. Après la démonstration d’autorité, l’heure est à la rédemption. Sous les traits d’Antoine Leconte, Laurent Lafitte nous gratifie d’une performance parfaitement aboutie, entre excès de confiance et fragilité. À force de comprendre et de courir derrière une carrière qui n’a semble-t-il jamais existé, il contemple les dégâts causés par son arrogance et sa méchanceté. N’est-on pas plus averti après être tombé de notre piédestal ? Un récit qui rappelle que l’homme n’est à l’abri de rien, la frontière entre le succès et le malheur est infime. À travers les agissements de Leconte, Gobert délivre un message cohérent, empreint à une certaine modestie mais criblé d’une multitude de clichés.

Antoine Leconte, lui qui ne savait même pas qui était la chef rubrique météo, se retrouve catapulté comme présentateur météo après son accident. Le cauchemar ne fait que commencer, tout s’est inversé, voire pire. Complètement déboussolé, c’est un autre homme qui déambule dans les rues de Paris quasi désertes. Tout se désintègre en plein vol, plus rien ne coïncide avec ses souvenirs. Et si sa vie n’était qu’un berceau d’illusions, un simple rêve tout droit venu des limbes de son subconscient. Fabrice Gobert explore les pistes du fantastique, se cache derrière le charisme de son acteur principal, tente de déjouer les traits grossiers mais n’y parvient que rarement. Même si l’idée est alléchante, le résultat sonne creux.

Quelque peu ennuyeux, K.O. n’est de loin pas inintéressant par la matière brute qu’il soulève et la manière dont Gobert traite son sujet. Peut-être un tantinet scolaire, nous déplorons un manque de prise de risque pour pousser la réflexion à son extrémité. Le vrai visage d’un être humain se dévoile quand il se retrouve devant ses propres responsabilités, devant le danger imminent. Et de ce point de vue, la patte du cinéaste français est un peu timide, frivole pour sublimer son matériel de base. Un manque d’instinct significatif encombré de clins d’oeil et de références désuètes.

Casting : Laurent Lafitte, Chiara Mastroianni, Pio Marmai, Zita Hanrot, Clotilde Hesme, Jean-Charles Clichet, Sylvain Dieuaide, Jean-François Sivadier

Fiche technique : Réalisé par : Fabrice Gobert / Date de sortie : 12 juillet 2017 / Durée : 115min / Genre : Thriller / Scénario : Fabrice Gobert, Valentine Arnaud / Musique : Jean-Benoît Dunckel / Distributeur suisse : Impuls Media