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Jurassic World – Fallen Kingdom : Bayona ne sauve pas les meubles

Les portes s’ouvrent à nouveau dans l’univers Jurassic World. À la barre, J.A. Bayona hérite de la lourde tâche de rendre une suite plus attractive que le précédent volet cauchemardesque sorti en 2015. Verdict d’une longue projection où les minutes ont défilé comme des heures.

Des dinosaures à l’air pur, loin de leurs enclos, loin du parc de Jurassic World. Dorénavant c’est à Isla Nublar que les créatures se sont réfugiées, une île sauvage, désertée par les humains. Mais voilà que le volcan qui trône sur l’île se réveille. Les défenseurs des dinosaures montent aux barricades, sous l’impulsion de Claire (Bryce Dallas Howard) et Owen (Chris Pratt). Une mission qui consiste dans un premier temps à sauver Blue, une espèce plus intelligente que la moyenne et élevée par Owen, et dans un deuxième temps à une vraie chasse à l’homme entre l’îlot reculé et le manoir Lockwood/Hammond. Conspiration il y aura.

Bayona catapulté à la tête d’un projet empoisonné

Disons-le directement : Jurassic World – Fallen Kingdom est un paradis commercial pour les marques. On annonce près de 185 millions dépensés par les marques pour apparaître dans le métrage. Soit. À l’image de cette somme astronomique, le film en pâtit, compressé dans cette lourde machine à fric, dépassé par un héritage également trop lourd, voire même révolu. Nous n’avons plus le même regard ébahi comme nous l’avions eu dans le tout premier volet, celui de 1993. C’est plutôt des soupirs, des bâillements incessants et une furieuse envie de savoir combien de temps s’est écoulé. Le temps devient long.

Photo copyright : Universal Pictures

Dommage. Juan Antonio Bayona, l’excellent cinéaste espagnol, tente de se dépatouiller comme il peut au milieu des courses effrénées, des scènes prévisibles et d’un humour un peu plat. On retire cette folle mise en bouche sur Isla Nublar, à fuir les jets de lave en fusion, à éviter une horde de dinosaures effrayés et lancée à vive allure pour échapper à la colère du volcan. Ça, on achète. Mais ce ne sont que de bien minces miettes au décompte final. Les idées initiales du grand Michael Crichton sont bafouées et piétinées. Crichton et son envie de mettre en avant la folie des grandeurs de l’être humain, son envie débordante de trouver une révolution (technologique) mondiale avant de voir sa propre oeuvre pendre le dessus et provoquer désastre et chaos. Simplement, avec Jurassic World – Fallen Kingdom, nous découvrons juste une course contre-la-montre pour sauver ses propres fesses. Sauve-qui-peut. Tout est d’un égoïsme profond, sauf pour les gentils bien sûr. Le scénario très bancal, qui tient sûrement sur trois lignes, n’aide aucunement le pauvre Bayona. Lui-même ne parvient pas à gommer les faiblesses du script. Un film insipide, porté par des acteurs aux charismes absents, mais plutôt par de vrais idiots aux actions… irréfléchies.

Préparer la suite sans développer son propos

Muselé par les studios, Bayona prépare la suite… comme il peut. Le hic : rien n’est développé. Une suite qui trouve quelques points positifs par-ci par-là, comme la bande-son plutôt réussie de Giacchino, mais il faut se creuser les méninges pour en trouver.

Jurassic World – Fallen Kingdom est une ébauche timide, d’un ennui effarant. La salve d’effets spéciaux, les dinos réussis sont une satisfaction bien maigre. Mieux que le précédent volet – pas très difficile cela dit -, les nouvelles aventures de la renaissance des dinosaures est à l’image de la présence de Jeff Goldblum : inutiles.

Casting : Bryce Dallas Howard, Chris Pratt, Rafe Spall, Justice Smith, Toby Jones Daniella Pineda, James Cromwell, Isabella Sermon

Fiche technique : Réalisé par : Juan Antonio Bayona / Date de sortie : 6 juin 2018 / Durée : 128 min / Scénario : Colin Trevorrow, Derek Connolly, Michael Crichton / Musique : Michael Giacchino / Photographie : Oscar Faura / Distributeur suisse : Universal