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Júníus Meyvant, ce tout grand bonhomme

Le 14 février au Romandie de Lausanne, rendez-vous est pris avec Júníus Meyvant. Nous le rencontrons juste avant son concert pour lui tirer le portrait. Le barbu de quasiment deux mètres nous accueille, souriant et décontracté. Il se prête au jeu de la séance photo sans broncher, plie même les genoux pour être à la hauteur de l’objectif… Oui, Júníus est vraiment grand et à tout point de vue. Quelques clichés plus tard, il nous confie qu’à chaque fois que sa femme, photographe de son état, essaie de l’immortaliser, il part en courant. Joueur, l’artiste a la blague facile. Il nous le prouvera d’ailleurs tout au long de son concert, qu’il ponctuera de petites anecdotes.

Junius Meyvant By Emma Raposo for THE APOLOGIST

Dans une salle remplie raisonnablement, Snorri Helgason, artiste islandais lui aussi, ouvre le bal avec des morceaux doux et mélancoliques en acoustique. Júníus lui emboîte le pas. Accompagné de ses musiciens, il entame son set avec des chansons de son album Floating Harmonies. De Signals à Mighty Backbone en passant par Beat Silence Need, le groove de ce grand monsieur est indéniable. On se retrouve catapulté 40 ans en arrière avec sa panoplie de sons blues et soul qu’on adore redécouvrir. Entre chaque titre, Júníus glisse des petites blagues, parle de Lausanne, de ses amis, de l’Islande. L’artiste n’est pas avare en anecdotes imagées. On apprend ainsi que Color Decay a été écrit après qu’il a fait la lessive, un jour où il traînait chez lui en sous-vêtements ou encore qu’un ami lui aurait intimé de lui écrire une chanson pour son mariage… Pure invention de l’ami en question qui n’avait pas l’intention de se marier en vérité… Mais la chanson était écrite… Gold Laces est née.

Le réel coup de force de l’islandais à la crinière de feu réside dans sa capacité à mélanger de telles sonorités soul avec une folk mélancolique. Voilà ce qui rend son style unique, pareil à aucun autre, reconnaissable à coup sûr. En écoutant Júníus, nos pieds ont envie de balancer, nos coeurs, eux, sont pris au piège: « Little like the hours castaway, why wonder. Time ain’t either here to stay, why wonder. Time will always pass away… » Sa voix subtilement égratignée emporte tout sur son passage, non pas parce qu’elle est en puissance, mais parce que, tout en sobriété et modestie, elle passe des graves aux aigus avec une facilité et discrétion digne du chanteur. Un délice.

Le public, lui, est conquis. D’abord par le talent de ce musicien autodidacte qui offre une pléiade de morceaux plus somptueux les uns que les autres, puis par la personnalité ultra-sympathique du nordique, modeste et pleine d’humour. Un capital sympathie déjà bien installé qui ne va faire que grandir, à n’en pas douter. Le temps s’est arrêté ce 14 février au Romandie. Lausanne vivait à l’heure islandaise et l’on aurait voulu que ça ne s’arrête jamais.