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Jour polaire : le savoir-faire nordique au service de Canal+

Le savoir-faire nordique couplé avec Canal+. Ce travail d’équipe donne Jour polaire, série qui nous plonge au coeur de l’été arctique, là où la lumière brille même la nuit. À Kiruna, petite ville suédoise, un ressortissant français est assassiné de manière sauvage. À Paris, Kahina Zadi (Leila Bekhti) s’apprête à prendre deux semaines de vacances, lorsque l’appel de son supérieur change ses plans et la propulse au dessus du cercle polaire, où elle mènera l’enquête avec Anders Harnesk (Gustaf Harnesk), un procureur.

Si les grandes étendues suédoises nous accueillent pour un voyage lumineux de beauté, le mystère assombrit ces paysages de carte postale. Un premier meurtre puis un second… Une curieuse affaire qui semble cacher le gros de l’iceberg, car beaucoup d’autres vies humaines sont en jeu. Au fil de l’intrigue, les révélations sont surprenantes.

Une ville dans l’incertitude

Bien que les meurtres soient la première préoccupation, la seconde est de taille. Les habitants sont confrontés au « déplacement » du village pour permettre à la mine, qui fait vivre cette bourgade, de continuer à fonctionner. Mesure drastique qui engendrera un coût exorbitant, mais moins élevé que si « la maman de ce petit village », comme se plaisent à l’appeler les citoyens, fermait pour de bon. Dilemme qui provoquera de curieuses secousses…

Photo Copyright © Canal+

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Des meurtres au conflit industriel, Kiruna connaît de nombreuses zones d’ombre, malgré la lumière persistante.  Mans Marlind et Bjorn Stein (Bron) jouent sur plusieurs tableaux pour créer leur thriller noir. Dans la veine du « genre nordique », Jour polaire propose une approche scindée en plusieurs parties. Un premier épisode qui verra les déboires familiaux de Kahina remonter à la surface. Affectée par une rencontre fortuite, Kahina semble trainer un lourd fardeau familial. Une seule échappatoire : prendre l’avion et direction Kiruna, là où Anders Harnesk (Gustaf Hammarsten) peine à communiquer avec sa propre fille et le capitaine Burlin (Peter Stormare) se bat avec une santé fragile.

Thriller maitrisé, mais…

Ce qu’on retient de Jour polaire, c’est cette maîtrise, cette efficacité qui fait des productions nordiques un vivier de séries de grande qualité. Bien écrit, savamment amené, l’oeuvre de Marlind et Stein est d’une précision chirurgicale, à la manière d’une série telle que Bron. Rien ne dépasse, le mystère reste entier.

Bien écrit, savamment amené, l’oeuvre de Marlind et Stein est d’une précision chirurgicale, à la manière d’une série telle que Bron.

Derrière cette machine bien huilée, quelques défauts ressortent pourtant. La mode scandinave s’est emparée de la petite lucarne, certes, mais ce classicisme que nous commençons à bien connaître nous laisse quelque peu de marbre. Développement manquant de radicalité, tendance à trop marquer le trait, avec un manque de profondeur, Jour polaire a le mérite de nous captiver grâce à cet art du « thriller nordique » que Marlind et Stein parviennent à insuffler. Mais pour la maestria, c’est un peu court.