Search for content, post, videos

Jonathan Bree : Sleepwalking ou le rêve éveillé

Le nom de Jonathan Bree vous dit sûrement quelque chose. Mais oui, souvenez-vous de cet excellent morceau « The Cigarette Duet », vu plus de 40 millions de fois sur Youtube. Deux voix se succédaient, celles de Chelsea Nikkel et de… Jonathan Bree.

Photo copyright : Adam Custins

Un duo tout droit venu de Nouvelle-Zélande, au son élégant et mystérieux. Mais Bree s’était fait connaître auparavant avec son groupe The Brunettes en 1998 et la fondation de son label Lil’Chief Records en 2002. Une petite clique d’artistes talentueux dans laquelle Jonathan Bree façonne un répertoire lancinant, avec sa voix lascive et ses orchestrations rêveuses, virevoltantes de plaisirs sombres.

La troisième tentative est la bonne

C’est son troisième album après The Primrose Path (2013) et A Little Night Music (2015), et c’est sûrement le bon pour exploser aux yeux du grand public. Véritable prouesse dans sa production, d’une variété sonore à couper le souffle, Sleepwalking est ce genre d’album qui vous retient dès la première écoute et ne vous lâche plus. Le natif d’Auckland amène une touche sombre, entêtante, profonde grâce à sa voix suave qui brille de mille feux.

Dès l’entame, les notes de « Characters » hypnotisent avant de nous envoyer vers d’autres cieux plus mystérieux encore. « Valentine », plus sixties, donne une dimension plus pop à l’album, tout comme « You’re So Cool ». « Static », aux accents plus expérimentaux, aérien avec cette voix toujours grave du songwriter néo-zélandais.

Le plus fascinant dans cet opus sont les titres choisis. Dans l’ordre s’empilent « Static », « Coke », « Sleepwalking » et « Roller Disco ». C’est exactement les différents stades ressentis à mesure que nous avançons dans les morceaux. « Sleepwalking », comme son nom l’indique, nous laisse dans un état de semi-conscience, à visiter les différents recoins de notre cerveau endormi avant de partir dans une salle où les rêves s’évanouissent au rythme des coups de patins. Les envolées, opérées par les différentes cordes, sont majestueuses et parfaitement utilisées pour nous immerger dans un projet qui ne cesse de prendre de l’ampleur plus vous l’écoutez.

Une marche endormie et céleste

Quand « Plucking Petals » démarre, les souvenirs de « Laptop », morceau présent sur The Primrose Path, refont surface. Mais ce n’est qu’un (splendide) passage avant le feu d’artifice amorcé par l’excellent, le sublime « Fuck It ». Cette piste, la plus colorée de l’album n’est pas sans rappeler le maestro Beck, dans un genre fantasque et envoûtant.

Sans visage sur les premiers clips apparus sur la toile, Jonathan Bree, avec Sleepwalking, dévoile son talent unique pour l’orchestration. Sa voix singulière, mêlée à celle de Clara Vinals, vous traverse et fait frissonner. Un album enivrant à la pop orchestrale, d’une beauté singulière. Peut-être l’un des meilleurs de ces dernières années. Alors que Sleepwalking sort le 8 juin via Lil Chief Records, Jonathan Bree sera en concert au Parterre de Lucerne le 16 août 2018 et au Zukunft de Zürich le 17 août 2018.