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Jon Hamm et l’après Mad Men

Quand on parle de Jon Hamm, on imagine aussitôt le personnage fascinant et mystérieux de Mad Men, pensé et façonné par Matthew Weiner : Don Draper. Campé par l’acteur ultra-charismatique qu’est Jon Hamm, le succès est immédiat et place le natif de Saint-Louis sous les feux des projecteurs. Un succès qui a mis du temps à se dessiner et qui comporte son lot de pièges. Comment se défaire d’un rôle aussi imposant ? Ce dernier semble lui coller à la peau.

Difficile donc de s’en défaire, surtout après la fin de la série en 2015 et un Golden Globe de meilleur acteur dans une série. Quelques sursauts télévisuels dans A Young Doctor’s Notebook, Black Mirror ou encore 30 Rock, mais rien d’aussi captivant que son rôle phare de publicitaire des années 60. Le costume de Don Draper est compliqué à remplacer ou, tout du moins, à faire oublier. Et les côté obscurs de la célébrité vont se charger de le faire dériver (il fera un séjour dans un centre de désintoxication pour traiter son alcoolisme). La fiction dépasse la réalité. Jon Hamm sombre dans la boisson  tout comme Don Draper. À l’instar d’un Daniel Day-Lewis qui éprouvait toutes les peines du monde à se sortir d’un personnage qu’il jouait.

Des changements tant personnels que professionnels

Des moments compliqués. Une année 2015 très difficile à encaisser, alors qu’il tente d’amorcer le virage que toutes les stars de la petite lucarne opèrent : se tourner vers le grand écran. Voir plus grand, tenter plus haut et trôner tout en haut de l’affiche. En 2010, il apparaît dans le très bon The Town de Ben Affleck et dans Howl de Rob Epstein. Mais rien de très folichon au vu du talent du comédien. Mad Men reste au centre des débats pour Jon Hamm, il peine à exister ailleurs que sous les traits de Draper.

Un après Mad Men qui ne marche pas, qui laisse l’acteur à quai. Mais en 2017 les voyants commencent à virer au vert. Avec Baby Driver, l’acteur américain reçoit un rôle de soutien, loin du spectre de Don Draper. On le voit également dans Marjorie Prime de Michael Almereyda (inédit dans les salles suisses), présenté au Festival de Sundance en 2017.

Il n’hésite pas à dire dans le Independent « qu’il fait les films là où les gens vont ». Comme en témoigne son envie de collaborer avec Michael Almereyda. « J’ai regardé les films de Almereyda et j’ai lu le scénario de Marjorie Prime. Je me suis dit : J’aime ses films et j’aime ce scénario, allons-y ». Un film qui reflète l’homme qu’il est : mystérieux et charismatique.

Une vision, ici en Europe, erronée ?

Si outre-Atlantique Hamm se détache gentiment mais sûrement de cette image d’acteur cantonné à un seul rôle, en Europe, c’est une autre paire de manches. La faute à l’absence de distribution de ses films les plus récents. Marjorie Prime ou Million Dollar Arm, réalisé par Craig Gillespie (Moi, Tonya) par exemple, n’ont pas trouvé refuge auprès de distributeurs suisses et francophones. Difficile donc de voir Jon Hamm dans un autre costume.

Mais sa filmographie continue à grandir. Entre Nostalgia (la bande annonce vient de sortir) et Beirut qui vient d’être dévoilé au dernier Sundance, il y a des chances que Jon Hamm (ré)apparaisse dans nos salles obscures. Et ce n’est pas tout ! Il se glissera dans la peau de l’ange Gabriel dans la série Good Omens. Il semblerait que l’acteur américain ait enfin lancé sa carrière à 46 ans et que Mad Men soit bel et bien derrière lui.