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Cannes 2017 | Jeune femme : personne ne dicte sa loi à Paula

Le retour à Paris n’est pas simple pour Paula (Laetitia Dosch). Les poches vides et jetée comme une vieille chaussette par Joachim (Grégoire Monsaingeon), son compagnon d’alors, elle frappe à la porte et se fracasse la tête contre pour parachever son oeuvre. Un petit détour à l’hôpital et la voilà une nouvelle fois devant la porte de son ex. Cette fois-ci, elle ne repart pas les mains vides, elle vole le chat. Et paf !

Photo copyright: Shellac

Sans domicile, complètement paumée et presque errante, hantant les rues de la capitale, Paula décide de prendre le taureau par les cornes avec une hargne extrême. Elle déniche un job de baby-sitter, se retrouve vendeuse dans une boutique de culottes et habite une petite chambre de bonne. Pas mécontente, elle vogue de péripétie en péripétie et se (re) construit une nouvelle vie.

Girl Power

Jeune femme se focalise sur Paula dans son entièreté. Une épopée valeureuse pour une femme démunie. Une femme peut se débrouiller seule, serait-on tenter de comprendre à travers le récit de Léonor Serraille, la réalisatrice. On sent cette image de femme moderne, le caractère bien trempé, qui ne recule devant rien. Une femme qui respire l’énergie, qui la transmet et n’hésite pas à répondre de manière spontanée. Là encore, ne serait-ce pas un signe fort de l’émancipation féminine.

Le souhait de Léonor Serraille avec son tout premier film est exaucé. On comprend rapidement où elle veut en venir et articule son histoire autour d’une femme qui trimballe son chat, à la manière de Llewyn Davis dans l’excellent film des Coen : Inside Llewyn Davis. L’engouement transpirant de Paula vous arrache de votre état somnolent matinal sans crier gare – la séance était aux alentours des 11h du matin.

Quelques maladresses et rien de novateur

L’effort est louable mais parfois vain. Cette énergie débordante comporte les maladresses et imprécisions d’une première oeuvre. Serraille est parfois désordonnée comme l’est son personnage principal. Mais têtue, elle ne laisse personne lui dicter sa conduite. Elle suit son plan de marche non sans éviter les pièges qui encerclent une jeune femme déboussolée mais, malgré tout, toujours sur ses deux jambes et la tête bien sur les épaules. On aime ce sentiment désabusé que pose la cinéaste sur le qu’en-dira-t-on et les pressions sociales.

Un film aux failles évidentes mais qui s’en sort grâce à la fraîcheur inhérente à une première oeuvre. Laetitia Dosch s’en donne à coeur joie dans un rôle qui semble lui coller à la peau. Une vista qui a ses limites (comme le film). À force d’en abuser, la balance penche du mauvais côté avant de se rééquilibrer. Serraille en veut un poil trop, mais son dynamisme, une fois contrôlé, peut faire des étincelles. Le rendez-vous est pris pour le futur.

Casting : Laetitia Dosch, Grégoire Monsaingeon, Souleymane Seye Ndiaye, Léonie Simaga, Nathalie Richard, Erika Sainte

Fiche technique : Réalisé par : Léonor Serraille / Date de sortie : septembre 2017 / Durée : 97min / Genre : Comédie dramatique / Scénario : Léonor Serraille / Distributeur suisse : –