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Hippocrate : délicatesse et réalisme en milieu médical

Thomas Lilti et l’univers hospitalier ont quelque chose en commun. 4 ans après Hippocrate le film, voilà que nous avons droit à la version sérielle sur l’antenne de Canal+. La série ne reprend pas le même fil que son « aîné », mais les codes et l’ambiance sont du même acabit.

Transmission et problèmes administratifs et collectifs. Tout comme le long-métrage, la série repart sur un problème de taille : absence des responsables. C’est donc aux internes de garder le navire à flot. Chloé (Louise Bourgoin), Alyson (Alice Belaïdi) et Hugo (Zacharie Chasseriaud) sont dans une position délicate. L’hôpital est frappé par un agent pathogène non-identifié et provoque la mise à l’écart les médecins titulaires du secteur de médecine interne. Les 3 jeunes médecins prennent les rênes, avec l’appui d’un médecin légiste, Arben Bascha (Karim Leklou).

Plongée réaliste et sans artifice dans le milieu des blouses blanches

À chacun ses histoires, à chacun son patient. Thomas Lilti qui adapte son propre film, ne néglige pas le moindre personnage en balayant les histoires de chacun. Un quatuor central, où quelques éléments gravitent pour amener leur petit grain de sel. C’est le cas de Muriel Wagner (Anne Consigny), l’une des responsables de l’établissement et mère d’Hugo, Manuel Simoni (Eric Caravaca), le copain caché de Chloé et l’un des médecins titulaires mis en quarantaine, ou encore Nathalie Ferrand (Géraldine Nakache) dans un rôle plus secondaire. Hippocrate vogue entre les différents rôles d’un hôpital, entre les infirmières, médecins, aide-soignants, les différents corps de métier sont employés pour créer le noyau de la série.

Ne vous attendez pas à une extension de Grey’s Anatomy. Hippocrate, même si une future romance se dessine très rapidement, ne verse pas dans le mélo des séries médicales américaines. C’est un récit réaliste, très poignant dans son traitement brut, authentique. Une série sans prétention et rigoureuse, qui dépeint le milieu hospitalier dans toute sa complexité. La dramaturgie reste intéressante et plusieurs séquences fortes à propos de la difficulté du milieu médical en proie à un manque d’effectif.

Juste la réalité

À hauteur d’homme, Hippocrate évolue exclusivement dans l’hôpital et par définition, les moments sont plus tragiques que comiques. Les émotions contrastent, mais Lilti maintient le cap sans verser dans ce (fameux) pathos qui aurait pu tout déconstruire. Les souvenirs du film de 2014 sont bien présents, avec un angle d’approche différent. Et ce, même si la série frotte rapidement aux limites d’un drame médical. Dès le 3ème épisode, les séquelles d’une redondance apparaissent. La cadence se saccade, mais heureusement les performances de Louise Bourgoin et de Karim Leklou amènent une autre épaisseur. Leklou, dans la peau d’un médecin légiste franco-albanais, se démarque grâce à sa facette silencieuse et mystérieuse. Le personnage le mieux écrit de la série.

Le contexte complexe médical débarrassé des artifices larmoyants, sans verser dans le mélo, juste la réalité. Hippocrate est maîtrisé, soigné, et même si sur la longueur l’histoire perd en efficacité, elle reste une série française tout à fait correcte.

Casting : Louise Bourgoin, Karim Leklou, Alice Belaïdi, Zacharie Chasseriaud, Eric Caravaca, Anne Consigny, Geraldine Nakache

Fiche technique : Créée par : Thomas Lielti / Chaîne : Canal+ / Date de diffusion : 26 novembre 2018 / Format : 8 épisodes – 50 min