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Halloween : L’emblème horrifique vire au blême

Le cinéma croule sous les remakes et les suites. Soit, c’est toujours mieux que rien. D’ailleurs, voici une nouvelle suite, celle de la franchise légendaire signée John Carpenter et Debra Hill. Le redémarrage d’une série de films vieille de 40 ans. Après 10 films, voici le 11ème réalisé par David Gordon Green. Le cinéaste américain succède à Rob Zombie au rang de metteur en scène. Nous avions laissé Gordon Green avec Stronger, sa dernière oeuvre qui traitait du combat d’un miraculé, Jeff Bauman, des attentats de Boston. Tout autre registre avec de l’horreur, du slasher. Un genre qui fonctionne à merveille au box-office ces derniers temps.

Photo copyright : Universal Pictures

Laurie Strode (Jamie Lee Curtis) s’est barricadée dans une vraie forteresse. Un jour, deux journalistes souhaitent lui soutirer quelques infos à propos de son pire cauchemar : Michael Myers. 40 ans après, la plaie est toujours ouverte. Laurie est la seule à avoir échappé aux griffes du tueur fou, le serial baby-sitter qui tuait sans compter, symbolisé par un masque blanchâtre. Haddonfield va rapidement retomber dans la folie et l’angoisse : Michael Myers s’est échappé de l’asile psychiatrique dans lequel il végétait en silence. Mais Laurie est prête, armée jusqu’aux dents, une guerrière à la crinière grise et parée à faire pleuvoir les douilles.

Michael Myers ne fait ni chaud ni froid

Disons-le tout de suite, Halloween n’est pas le retour horrifique escompté. Premier hic : le suspense. La tension n’arrive jamais à nous prendre, à nous plonger dans la terreur qu’Haddonfield ressent rien qu’à l’élocution du nom de Myers. La prévisibilité des scènes est parfois affligeante ou la naïveté des forces de l’ordre toujours aussi généreuse quand il est question d’un film d’horreur. Les clichés d’une bande de jeunes éméchés coursés par l’assoiffé Michael Myers, ou la fascination d’un psychiatre qui se rêve dans la peau du légendaire meurtrier sont là pour servir la petite fête d’Halloween improvisée. Gordon Green ne fait pas dans l’originalité et se contente d’installer une pâle copie d’un slasher de série B. Et même si Halloween est considéré comme un film de série B, en 2018 la donne a changé et la mise en scène se doit d’amener un nouveau souffle, une fraîcheur. Le mythe de Michael Myers n’est de loin pas dépoussiéré, malgré quelques sursauts d’orgueil, des scènes de meurtre efficaces, on suit le cheminement classique d’un fou furieux amené à rencontrer sa proie, sa seule et dernière obsession. L’affrontement final entre Laurie et Michael amène une touche plutôt nostalgique, tout comme la bande-son de Carpenter, mais ce n’est qu’un reflet du passé qui nous fait frémir sur notre siège. On serait presque tenté de dire que Jamie Lee Curtis est le point fort d’un Halloween millésime 2018, poussif, où la frénésie des meurtres plonge les spectateurs dans l’indifférence. Difficile de s’en contenter.

Casting : Jamie Lee Curtis, Judy Greer, Andi Matichak, Haluk Bilgner

Fiche technique : Réalisé par : David Gordon Green / Date de sortie : 24 octobre 2018 / Durée : 110 min / Scénario : David Gordon Green, Danny McBride, Jeff Fradley / Musique : John Carpenter / Distributeur suisse : Universal Pictures