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Good Omens : la friandise sérielle où Ange et Démon font face à l’Apocalypse

Retour aux confins de la Terre, à la naissance de notre monde. Le paradis, le jardin d’Eden, verdoyant, au milieu du désert à perte de vue. Le contraste naturel, alors qu’un autre contraste se profile sous nos yeux : le bien et le mal, l’Ange et le Démon, Aziraphale (Michael Sheen) et Crowley (David Tennant). Nos deux guides que tout oppose, dans une oeuvre pensée par Neil Gaiman et le regretté Terry Pratchett, décédé en 2015.

Photo copyright : Chris Raphael / Amazon

Tiré de Good Omens : The Nice and Accurate Prophecies of Agnes Nutter, Witch – de bons présages en français – de Terry Pratchett et Neil Gaiman, Good Omens, la série, voit enfin le jour. Après de longues tractations avec Terry Gilliam, et un casting dans un premier temps porté par Johnny Depp et Robin Williams, l’adaptation est tombée aux oubliettes après qu’un manque de financement n’entérine définitivement le projet. Nous sommes alors en 1990. Mais Amazon, en 2019, nous permet enfin de découvrir les aventures d’Aziraphale et Crowley. Deux compères qui vont faire face à la fin du monde, lancés aux trousses de l’Antéchrist, un gamin de 11 ans aucunement au courant de son pouvoir maléfique, perdu au cours d’un échange à la naissance.

Une petite semaine pour contrer la fin des temps

L’histoire est narrée par Frances McDormand, tout simplement Dieu. Elle replace les différentes descendances, les origines de l’histoire… Nombreux sont les personnages, nombreuses sont les petites subtilités pour comprendre les enjeux et les intérêts du récit. Car de la matière il y en a. Les aventures de l’Ange et du Démon traversent des générations et des générations, des époques et des guerres. Les styles vestimentaires changent au gré du temps et les détails sont légion. Crowley, le Démon, caché derrière ses lunettes pour masquer ses yeux de serpent, lui qui poussa Ève à la tentation, toujours accompagné de Queen et sa Bentley noire, profite des offrandes de la vie sur Terre. L’image démoniaque face à son contraire : Aziraphale, la voix douce et flottante – Michael Sheen est brillant. L’Ange, lui aussi, apprécie les petits bonheurs de la vie, les sushis et même les humains. Alors quand l’Apocalypse frappe à la porte, la fête est terminée : terminus, tout le monde descend.

Photo copyright : Amazon original

Des sauts dans le temps, des retours en arrière; le véritable départ de Good Omens est dans ce couvent, là où deux bébés sont échangés, là où l’Antéchrist trône dans son berceau. Et hop, un nouveau saut 5 ans plus tard, puis 11 ans plus tard, un lundi, de nos jours, 6 minuscules jours avant le grand feu d’artifice. Good Omens plaît par sa vista, ses dialogues percutants, ses ellipses, ses inflexions comiques. Cocktail explosif nappé d’un (élégant) ton parodique.

De Shakespeare à l’Empire romain, en passant par la Mésopotamie

Une aventure historique, à travers les époques, où les deux compagnons se retrouvent, se chambrent, sont souvent en désaccord, toujours accompagnés de la voix de Dieu. Le ton décalé, la posture de Good Omens s’engouffre dans la satire assumée et voulue du bouquin – celle du film Malédiction. Le tandem Tennant/Sheen amène cette touche délirante, qui colle à merveille au rythme. Des moments loufoques qui peuvent vous tirer quelques bâillements, s’étirant parfois dans de longs échanges, dans ces nombreux croisements temporels et ces détails innombrables. Un va et vient nauséeux. Trop dense, difficile de tout suivre, malgré les rappels, Good Omens se faufile, se perd parfois à travers les facéties de Shakespeare ou au détour d’un apéro, entre Aziraphale et Crowley, au beau milieu de l’Empire romain.

Mais Good Omens n’est pas que rires et clins d’oeil historiques. Il y a cette équation insoluble pour Aziraphale : sacrifier une vie pour sauver la Terre. Est-ce possible pour lui, l’Ange ? La question est évoquée à partir du troisième épisode, alors que la série s’effrite légèrement. Mais pas que. De l’autre, une sous-intrigue commence à prendre forme : les 4 cavaliers de l’Apocalypse sont de sortie. Nous découvrons Guerre (Mireille Enos) ou encore Famine (Yusuf Gatewood), sans oublier l’apparition de Jon Hamm dans la peau de l’Archange Gabriel. Good Omens est foisonnant, hilarant parfois. Série généreuse, avec ses fulgurances et ses errances. Diffusée sur Amazon Prime dès le 31 mai, Good Omens se consomme comme une friandise, mais attention à l’indigestion…

– Critique basée sur 3 épisodes –

Casting : Michael Sheen, David Tennant, Adria Arjona, Michael McKean, Frances McDormand, Jack Whitehall, Jon Hamm, Derek Jacobi, Nick Offerman

Fiche technique : Créée par : Neil Gaiman, Terry Pratchett / Date de diffusion : 31 mai 2019 / Format : 6 épisodes – 60 min / Chaîne : Amazon Prime et BBC