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Girls : le clap de fin

Alors que Girls fait son grand retour le 12 février prochain sur la chaîne HBO pour une sixième et ultime saison, retour sur ce qui a fait le succès de la série durant 5 ans.

Produite par Judd Apatow, créée et écrite par Lena Dunham, Girls raconte l’histoire de 4 amies d’une vingtaine d’années, Hannah, Marnie, Jessa et Shoshanna. Toutes vivent à Brooklyn et entretiennent des rêves et perspectives d’avenir. Entre problèmes de coeur, d’amitiés, d’argent, fin des études et passage à la vie active, les 4 personnages vont voir leur vie évoluer et prendre des directions souvent inattendues. Girls est un condensé de récits d’une génération qui tente de s’adapter à un monde clairement hostile tout en gardant cette part de rêve intacte, le tout saupoudré d’une jolie dose d’humour.

Mais finalement, sur la base de ce court résumé, qu’est-ce qui différencie Girls d’autres séries? Les thèmes principaux, mille fois abordés déjà, ne sont certainement pas la raison de son succès incontesté. Si l’on y réfléchit à deux fois, on pourrait même y trouver des similitudes avec des programmes comme Sex and the city ou encore Gossip girls. Alors quel nouvel ingrédient apporte Girls?

Une recette? Des filles comme toutes les autres

Si les thèmes ne sont effectivement pas nouveaux, la façon de les aborder, elle, diffère de ce que l’on a pu voir par le passé. En effet, prenons pour exemple Sex and the city. Cette série avait aussi pour personnages centraux 4 amies. Ces dernières, habituées des soirées mondaines, toutes de Louboutins chaussées, ont partagé avec nous leurs histoires de coeur et de coucheries durant 94 épisodes. S’il est vrai que Sex and the city a, en son temps, fait mouche grâce à une liberté de ton sur la vie des femmes et leur sexualité, la série n’en reste pas moins très romancée. Appartements de luxe, garde-robes et soirées somptueuses. Les marques de haute couture ont d’ailleurs eu un bel espace de publicité pour s’exprimer. Il est clair que Girls prend le contre-pied. Dans cette production, pas de vêtements de designer, encore moins d’appartements aux

Photo copyright © Mark Schafer 2013

abords de Central Park. Il s’agit de l’histoire des 4 jeunes femmes d’aujourd’hui telles qu’on peut se les imaginer et auxquelles n’importe qui peut s’identifier. Et c’est là que le programme a tapé fort et amène réellement quelque chose de nouveau. Hannah, Jessa, Marnie et Shoshanna sont des personnes pleines de qualités mais bourrées de défauts aussi. Grandes, minces, petites ou plus enveloppées, les 4 caractères sont autant de profils qu’il en existe dans la vraie vie. Chacune a ses propres craintes et angoisses, parfois même maladives à l’image d’Hannah et ses TOC persistants, à voir ou revoir dans les 2 derniers épisodes de la saison 2. Jessa, aventurière un peu fofolle qui semble se ficher de tout. Marnie, une fille coincée limite tête à claque qui poursuit ses rêves de musique. Rappelez-vous l’épisode 9 de la saison 2… On était gêné pour elle. Et enfin Shoshanna, une fille un peu naïve et décalée tout juste sortie de l’université et en quête quasi illusoire du job de ses rêves. Cette diversité des genres non-stéreotypés rend l’histoire des plus crédibles et nous plonge dans des vies qui pourraient finalement être les nôtres avec leurs lots de difficultés à surmonter jour après jour. Rien n’est glamour ou édulcoré. Tout sonne vrai.

Lena Dunham est Hannah Horvath… ou l’inverse

Réalisant elle-même certains épisodes de la série, la native de Brooklyn, Lena Dunham, n’en est pourtant pas à son coup d’essai. Elle réalise son premier film en 2010, Tiny Furniture, récompensé par le prix du Jury du festival américain indépendant South by Southwest (SXSW). Arborant les casquettes d’actrice, réalisatrice et créatrice avec autant d’aisance que de justesse, elle avoue avoir puisé dans ses expériences personnelles pour écrire certains passages de la production HBO. Autobiographiques par moments, les épisodes sont troublants de réalisme. C’est à se demander si la fiction ne dépasse pas la réalité. Sans aucune pudeur, Lena Dunham nous sert des scènes de nudité qui soulageraient la plus complexées des femmes. L’épisode 5 de la saison 2 en est un brillant exemple. Confortable avec son image, elle offre une vision de sa génération dénuée de tout artifice qui rassure peut-être mais qui convainc surtout.

Un casting plein de promesses

Outre les 4 personnages principaux campés par Lena Dunham, Allison Williams, Jemima Kirke et Zosia Mamet, on note également les prestations d’acteurs comme Adam Driver ou Christopher Abbott. Une nouvelle génération de comédiens talentueux aux multiples facettes qui, grâce à la série, jouent désormais dans la cour des grands. On a vu récemment Adam Driver dans Paterson réalisé par Jim Jarmush (notre avis sur ce film ici) ou encore à l’affiche du dernier Scorsese, Silence, en salles dès février prochain. Quant à Christopher Abbott présent dans les 2 premières saisons ainsi qu’un épisode dans la cinquième saison (un épisode épique inspiré du film Panic at Needle Park), il a tenu le rôle principal dans l’excellent James White réalisé par Josh Mond sorti en 2015.

Autant dire que cette ultime saison est attendue comme le messie. Que vont devenir nos 4 protagonistes? Arriveront-elles à surmonter leurs différends? Un happy end? Du côté de HBO, on nous promet en tous cas des rires et des pleurs, bref, la recette pour une nouvelle saison à succès.

Casting: Lena Dunham, Allison Williams, Jemima Kirke, Zosia Mamet, Adam Driver, Christopher Abbott, Alex Karpovsky, Andrew Rannells.

Fiche technique: Réalisé par: Divers / Produite par: Judd Apatow / Date de sortie: 15 septembre 2012 / Durée: 30 min par épisode / Genre: Comédie dramatique / Pays: USA / Créatrice: Lena Dunham / Chaîne: HBO