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George Blagden : « Versailles est une série extravagante »

Vous l’avez vu dans Les Misérables ou dans Vikings, la série à succès de la chaîne History. Mais c’est bien dans Versailles que l’acteur originaire de Londres se révèle au grand public. Sous les traits de Louis XIV, il hante la cour versaillaise, la domine et la dirige d’une main de fer. Derrière son regard franc, parfois enjoué, et sa longue chevelure, George Blagden se fait l’auteur d’une prestation convaincante, en maître d’orchestre de la cour.

Alors que Versailles fait son retour le 27 mars sur Canal+, l’occasion était belle de s’entretenir avec George Blagden.

Pour la deuxième fois, vous endossez le rôle de Louis XIV pour la seconde saison de Versailles. Est-ce étrange ou spéciale pour un acteur britannique ?

Je me sens privilégié à vrai dire. Une production française qui me donne le rôle d’un héros national à moi qui ne suis pas un Français, c’est vraiment gratifiant. Mais en tant qu’acteur c’est une chose normale de redonner vie à un personnage de cette ampleur. J’avais peu de repère et quand je suis arrivé, j’ai trouvé incroyable, au moment où je suis arrivé en France, comme les gens avaient une opinion à propos de Louis XIV. Et pas seulement les gens qui travaillaient sur la série, mais l’entier des parisiens. Tout le monde avait un avis différent et c’était une façon extraordinaire pour moi de prendre ces informations et de me glisser dans la peau du Roi Soleil. Je pense que je n’avais pas réalisé ça lorsque j’ai accepté de prendre le rôle. Je joue presque « une marque ». Les français l’ont étudié et ont grandi avec et cette idée m’a donné une pression supplémentaire.

Avez-vous vu Le roi danse de Gérard Corbiau ?

Oui, je l’ai vu. Ils m’ont demandé de le visionner pour préparer le rôle. Le film traite excellemment une partie de l’histoire de Louis XIV.

Parce que votre manière de jouer ressemble particulièrement à la performance de Benoit Magimel. Très froid, intransigeant, vous le jouez presque en introspection. Vous en êtes vous inspiré ou trouvez-vous vos interprétations différentes ?

Oui. Evidemment il y a des aspects similaires. Je pense qu’il est difficile de ne pas donner ce côté très sombre à Louis XIV. Vous savez, il hérite du pouvoir très jeune et se doit d’être intransigeant et froid. Il a ce caractère impitoyable. Mais le fait de mettre en avant son côté « humain » m’obsédait. Quand la saison 1 de Versailles débute, il est fragile et se retrouve dans l’obligation de devenir un homme plus rapidement que la moyenne due au fait qu’il devient le roi de France. Et dans la saison 2, il se sent roi mais se bat pour garder le pouvoir. Il devient plus compromettant et devient beaucoup plus vulnérable. Personnellement, je souhaite vraiment mettre en avant l’être humain, pas l’emblème.

Pensez-vous que Louis XIV est un homme plus mature dans cette saison 2 ?

Oui, c’est bien plus mature. La série le rend plus mature et plus sombre dans la saison 2. D’ailleurs, il y a une atmosphère presque austère, où le poison gangrène la cour à Versailles. Le poison est une métaphore du pouvoir, il est dur et difficilement contrôlable.

La diffusion de Versailles sur la BBC fut quelque peu décriée. Les spectateurs l’ont trouvé trop « trash ». Les Anglais trouvaient que le sexe prenait trop de place, faisant trop d’ombre au bon déroulement du récit et à l’histoire. Que pensez-vous de la réaction de vos compatriotes ?

(il marque un temps) La série est arrivée bien après sa diffusion en France. Il s’est écoulé presque 6 mois entre les deux pays (ndlr : près de 10 mois) et les médias britanniques ont eu vent de l’engouement en France, tant critique que public. Tout d’abord, le budget colossal et record pour une série française. Et il ne faut pas oublier que Louis XIV utilisait le sexe comme politique pour manipuler, gouverner et fonder son empire. Les gens découvrent une nouvelle série et s’attendaient à découvrir de nouvelles choses. Les anglais ont découvert que l’histoire traitait de beaucoup de thèmes et pas seulement de la sexualité. Il y a aussi le challenge d’amener une nouvelle série ou un film comme nouveau produit. Les gens ne savaient pas à quoi s’attendre avec cette première saison. Je pense que nous allons surprendre une nouvelle fois avec la deuxième saison.

Il y a quelque chose de fascinant entre votre rôle de Louis XIV et Philippe d’Orléans. Nous avons le sentiment, malgré les clivages, que Louis dépend de Philippe pour être heureux. Comment voyez-vous la relation entre les deux frères ?

Absolument! C’est pourquoi à la fin de la saison 1, nous voyons la réaction de Louis quand Philippe annonce son départ de Versailles. Quand la saison 2 débute, les deux frères sont profondément affectés même s’ils ne veulent pas le montrer. Particulièrement Louis, parce qu’il cherche à créer une énergie à la cour de Versailles et comprend vite qu’il a besoin de son frère fantaisiste pour garder le cap. En résumé, les deux frères ne peuvent survivre l’un sans l’autre.

Pour clôturer cet entretien, pouvez-vous nous décrire Versailles à l’aide d’un seul mot ?

(sans aucune hésitation) Extravagant !