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Dumbo : l’envol est timide

Retrouver la grandeur du conte Disney, sorti dans les années 40. La firme aux grandes oreilles – et aux gros moyens – s’est tournée vers Tim Burton pour faire renaître de ses cendres l’éléphant aux grandes oreilles lui aussi, rejeté de tous, moqué pour ses futures… ailes.

Retour en enfance, retour dans ces excellentes scènes où le train paraît immensément long, infini, où cette excellente séquence des éléphants roses – sortis de l’imagination et de l’état second du petit Dumbo – nous avait enchantée. Rien que d’y penser, on retombe en enfance, on replonge dans ces chansons. Et même si Burton récupère des bribes de l’oeuvre originale, il construit une tout autre rêverie. On l’espérait gothique, imaginatif, sublime, plus ardent que le feu des volcans.

L’ouverture vous projette dans la magie Disney, avec son ambiance imaginaire et le monde du cirque. Holt Farrier (Colin Farrell) est de retour de la guerre, un bras en moins. Ses enfants l’attendent tout comme sa place au cirque. L’arrivée du petit éléphanteau nommé Jumbo dans un premier temps, avant de devenir Dumbo, va changer beaucoup de choses. Le cirque dirigé par Max Medici (Danny DeVito) va devenir une rare attraction quand les enfants de Holt découvrent que Dumbo, moqué pour ses grandes oreilles, sait voler. La convoitise attire souvent les êtres malfaisants. En première ligne, le grand manitou Vandevere (Michael Keaton), obsédé par le divertissement et bien décidé à emmener le petit éléphant dans son parc de Dreamland. Les yeux en forme de dollars.

Photo copyright : Disney Enterprises, Inc. All Rights Reserved

Convenu, loin des standards imaginatifs de Burton, mais acceptable

La beauté d’Eva Green, dans la peau de l’acrobate Colette Marchant, n’y changera pas grand chose. Il manque de cette magie « noire », cette expression imaginative qu’on connaît à Burton. Au lieu de ça, il nous confine dans une sarabande stéréotypée, aux allures conventionnelles. Un cru 2019 qu’on aurait souhaité plus risqué – pourquoi ne pas déjouer les pronostics et tenter un conte gothique ? De légers poncifs, où les effets spéciaux sont appréciables, parfois laids, qu’on déguste à l’arrivée aux abords de ce parc d’attraction surréel, dont Vandevere dirige de main de maître. Manque-t-il de cette personnalité qui fait souvent la différence, ces tonalités spécifiques à Burton, pour se cantonner à un rendu partiellement correct, mais sans cette folie, ces envolées. Mais le malheur des uns fait le bonheur des autres : l’ambiance est plus à la confection d’un divertissement familial, d’un conte sentimental où l’éléphanteau se défait lui-même de l’emprise humaine.

Si Colin Farrell est bien en place, si Eva Green fait le job, Michael Keaton est la grosse déception. Inhabité dans son rôle de directeur imbu de lui-même, assoiffé d’argent, il reste figé derrière un sourire presque agaçant. Le casting est sans saveur particulière. Burton préfère miser sur un hommage à la fantaisie, au spectacle démesuré. Quand bien même, Dumbo a ses limites, tourne autour du coeur sans jamais le toucher, guidé par les partitions de Danny Elfman sentant le réchauffé. En somme, ce Dumbo n’est pas indigeste, mais on en attendait plus, un contrepied où Tim Burton déjouerait les pronostics. À la fin, on en ressort presque indifférent.

Casting : Eva Green, Colin Farrell, Michael Keaton, Danny DeVito, Alan Arkin, Nico Parker, Finley Hobbins

Fiche technique : Réalisé par : Tim Burton / Date de sortie : 27 mars 2019 / Durée : 112 min / Scénario : Ehren Kruger, Helen Aberson / Musique : Danny Elfman / Photographie : Ben Davis / Distributeur suisse : Disney