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Photo by CBS Photo Archive - © 2007 CBS WORLDWIDE INC. - Image courtesy gettyimages.com

De l’art du « one shot »

Un « one shot »? En français, un plan-séquence, c’est une scène filmée dans son intégralité en une seule longue prise. À partir de là, vous pouvez aisément comprendre toutes les difficultés techniques qui en découlent. Outre le fait que les protagonistes doivent être très au point sur ce qu’ils doivent faire afin d’assurer une synchronisation parfaite, des détails d’ordre pragmatique sont aussi à soulever: les câbles des caméras, l’équipe de tournage etc, doivent eux aussi bouger au même rythme que la caméra et, bien sûr, ne jamais être visibles. Même si la naissance de la steadycam a considérablement facilité les choses, les plans-séquences restent difficiles à réaliser, mais les résultats sont très souvent à la hauteur du travail complexe que cela requiert. Retour en images sur quelques clips qui ont marqué leurs époques respectives et fait honneur à l’art du « one shot ».

Même si le cinéma a aussi usé de cette technique qu’est le plan-séquence, nous nous attarderons plus sur son utilisation dans les clips musicaux. En effet, c’est dans une moindre mesure que le 7 ème art a tenté d’utiliser le « one shot ». Les pellicules de l’époque au format 35mm ne mesurant que 300 mètres, ce qui équivaut à moins de 12 minutes d’enregistrement, il était techniquement impossible de réaliser des longues prises. Certains s’y sont risqués en rusant afin de faire croire à un film tourné en une fois. C’est le cas d’Hitchcock avec La Corde en 1948. L’avènement du numérique et les nombreuses possibilités qu’il offrait a donc donné un souffle à cette technique et a inspiré grand nombre de réalisateurs de clips.

Le premier clip notoire filmé en une seule prise est Subterranean Homesick Blues de Bob Dylan datant de 1965. On y voit le chanteur faisant défiler des pancartes à l’arrière de l’Hôtel Savoy de Londres. Initialement réalisé pour apparaître en ouverture du film de D. A. Pennebaker, Don’t Look Back, ce clip va inspirer beaucoup d’artistes par la suite.

 

Saut dans le temps jusqu’en 1997, date à laquelle sort le single No Surprises de Radiohead issu de leur célébrissime album OK Computer. Réalisé par Grant Gee, le clip montre Thom Yorke, la tête dans un bocal. De l’eau remplit peu à peu le bocal et finit par immerger complètement la tête du chanteur qui reste en apnée durant plusieurs secondes. Après quasiment une minute, Thom peut reprendre son souffle et continuer à chanter.

 

En 2000, lorsque Coldplay faisait encore ce qu’on pouvait appeler de la musique, leur clip Yellow voyait le jour. C’est précisément ce titre, issu de leur premier album Parachutes, qui les a propulsé sur le devant de la scène. Il était prévu que tout le groupe apparaisse dans la vidéo, mais l’un d’eux ayant perdu sa mère et les funérailles ayant eu lieu le jour du tournage, Chris Martin a été désigné pour faire cavalier seul. On y voit donc un Chris Martin tout jeunot, foulant le sable de la baie de Studland.

 

J’avoue avoir un (gros) faible pour le prochain clip. En 2006, les américains de OK Go avec Here It Goes Again nous démontraient, avec toute la magie dont ils savent faire preuve, que la créativité ne naît pas forcément de productions à budget gros comme le tour de hanches de Carlos mais que des clips d’anthologie faits avec 3 bouts de bois et en l’occurence 8 tapis de course, sont clairement des réussites. L’art de la synchronisation en plus, le tout savamment chorégraphié par Trish Sie. C’est donc sans surprise que le groupe a raflé le Grammy Award du meilleur clip en 2007. Prenons juste un moment aussi pour admirer les santiags de Tim Nordwind… Après ça je peux partir en paix.

 

Personne n’a oublié Feist et son titre 1234. Le clip, où l’on voit la chanteuse en combinaison à paillettes bleue rejointe par une troupe de danseurs, a été réalisé par Patrick Daughters qui a également réalisé les vidéos de Mushaboom, My Moon My Man et I Feel It All. Rappelez-vous, la chanson ainsi que le clip ont été utilisés pour la publicité de l’Ipod Nano en 2007

 

Place aux excellents américains de Vampire Weekend. En 2008, ils sortent Oxford Coma, tiré de leur premier album éponyme. Sous la direction de Richard Ayoade (The Double), on y voit le groupe se déhancher et jouer dans la campagne avec une multitude d’autres protagonistes évoluant autour d’eux.

 

Last but not least, l’étrange Francis de Francis and the Lights entouré de ses amis Bon Iver et Kanye West. Réalisé par le non moins connu Jake Shreier (Robot and Frank) et tourné à New York, le clip de Friends, sorti en 2016, montre Francis et ses amis évoluer dans un cube blanc. La construction de ce dernier a nécessité de longues heures de travail en raison de ses dimensions assez importantes. On appréciera le groove certain dont font preuve Francis et Justin Vernon, le pas de danse affûté.

En bonus, le making of du cube blanc.