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David Lowery : réalisateur tout-terrain à la délicatesse prodigieuse

Crâne rasé, regard bleu électrique, David Lowery est un réalisateur qui mène sa carrière pas à pas, tout en discrétion. Peut-être dû à son statut de fils aîné d’une famille de neuf enfants, le natif du Wisconsion, dorénavant basé à Dallas, semble cultiver une image loin de la cohue du show-biz et préfère évoquer des inspirations allant de Robert Altman à Paul Thomas Anderson en passant par David Fincher.

Né le 26 décembre 1980, Lowery réalise son premier court-métrage directement après avoir terminé le lycée. Intitulé Lullaby (2000), cette première oeuvre en appellera plusieurs – on dénombre 11 courts-métrages dans sa filmographie. Outre ses nombreux métrages, le texan d’adoption a suivi des cours de littérature et a décidé de se lancer dans le métier de monteur de publicités.

Photo copyright: Disney

2003 est l’année du retour derrière la caméra avec Still. En 2005 Lowery saute le pas et se lance dans son premier long-métrage. Avec Deadroom, son film voyagera dans plusieurs festivals tels que le South by Southwest Festival, Cleveland International Film Festival ou encore le Texas Film Festival. Hélas, le film ne sera pas distribué. Il faudra attendre 2009 pour voir son second long-métrage et une première sortie publique. Avec St. Nick, le jeune talent américain obtient plusieurs prix dans différents festivals. Mais entre 2000 et 2012, sa carrière ne décolle pas malgré quelques prix raflés avec un autre court-métrage intitulé Pioneer (2011).

2013, l’avènement

Présenté comme atypique dans sa manière de filmer ou de capter l’ambiance environnante, David Lowery récoltera enfin les fruits de son dur labeur. Entouré de son tandem fétiche, Rooney Mara et le fraichement oscarisé Casey Affleck, sa patte et sa sensibilité feront mouche avec son drame romanesque, Les Amants du Texas (Ain’t Them Bodies Saints). Profond, touchant, l’idylle compliquée entre Ruth Guthrie et Bob Muldoon évoque la vision singulière de son auteur. Si bien que le travail esthétique rappelle un certain Terrence Malick. Le film profitera d’échos positifs après sa première au Sundance et atterrira à Cannes, à la Semaine de la critique.

Le pari risqué de Peter et Elliott le dragon

Évoluant depuis le début dans les productions indépendantes, le cinéaste cède au chant des sirènes des grandes productions hollywoodiennes. Disney le débauche pour s’occuper du remake de Peter et Elliott le dragon. Distribué dans le monde entier, le film jouit d’une critique très positive et place Lowery comme un réalisateur « tout-terrain » capable de faire le grand écart entre le cinéma indépendant et les blockbusters.

Les craintes de le voir rester dans le lucratif cinéma blockbuster subsistaient. Il n’en est rien. Lowery revient avec plusieurs projets dans sa besace pour débuter l’année 2017. C’est en tant que scénariste qu’il commence l’année au Festival du Film de Sundance avec The Yellow Birds, dont le casting affiche une belle brochette d’acteurs et d’actrices de renom: Jack Huston, Alden Ehrenreich, Tye Sheridan, Jennifer Aniston et Toni Collette. Mais, toujours au festival fondé par Robert Redford, c’est avec un autre film que David va faire parler de lui. Tourné en secret et avec sa paire fétiche (Casey Affleck et Rooney Mara), le réalisateur américain déballe un récit aussi mystérieux que cosmique avec A Ghost Story. Des retours flamboyants et une acquisition quasi instantanée des studios A24, ces mêmes studios derrière Moonlight



La suite ?

Si A Ghost Story est attendu pour le 7 juillet aux États-Unis, Lowery ne chômera pas ces prochains temps. Il prépare la sortie, pour 2018, de Old Man and the Gun. Ce nouveau métrage traitera de l’histoire d’un braqueur âgé de 78 ans, toujours autant attiré par l’amour du risque et les hold-up. On y retrouvera Robert Redford et Casey Affleck ou encore Sissy Spacek. Autre projet sur le feu mais d’un tout autre calibre : Peter Pan. David Lowery repart une nouvelle fois à l’assaut du blockbuster Disney pour adapter l’oeuvre mythique de J. M. Barrie. Prévu pour 2019, 4 ans après le désastre de Joe Wright, le challenge est de taille et éveille la curiosité.

Même s’il est difficile de refuser les ponts d’or offerts par des studios tels que Disney, le registre indépendant reste le terrain de jeu de prédilection de David Lowery, là où son cinéma épuré et singulier prend une dimension poétique. Construisant sa carrière patiemment, il évite les pièges de l’hyperactivité artistique – le problème numéro 1 d’un certain James Franco – et produit un cinéma de qualité plus les années passent. Peu sont les cinéastes de sa trempe…