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Dalida: retour sur l’existence d’une femme au destin tragique

Dalida (Sveva Alviti) est une star planétaire. De sa naissance au Caire en 1933 à son suicide à Paris en 1987, Iolanda Cristina Gigliotti, de son vrai nom, a collectionné les tubes, joué au cinéma, inspiré des milliers de gens. Mais Dalida était une femme triste et fébrile. Au sommet de sa carrière, la belle souhaitait se marier, avoir des enfants alors que son entourage pensait à sa carrière internationale.

Sensible dès qu’on pose le regard sur elle, dès qu’on la berce de belles paroles, Dalida est une amoureuse de l’amour. En découle plusieurs idylles, plusieurs mariages, dont le premier avec Lucien Morisse (Jean-Paul Rouve), directeur de la radio Europe 1. Première union qui semble battre de l’aile dès l’heure des fiançailles. La diva souhaite des enfants. Lucien, lui, veut faire décoller la carrière de sa femme.

Des relations passionnelles et des drames

« Dali », c’est avant tout une femme au destin tragique. Bien que sa carrière soit digne d’éloges, sa vie privée est une succession de drames. Mélancolique par sa recherche vaine de l’amour, fatiguée par les innombrables concerts qu’elle donne, elle se cache, désespérément, derrière une carapace qui la ronge. Poussée par son frère, Orlando (Riccardo Scamarcio), la chanteuse aux 120 millions de disques vendus s’efface, se renferme. Au bout du rouleau, elle n’osait pas dire non aux projets, elle enchaînait sans en faire part. Un comportement qui l’amènera à intenter à ses jours une première fois, ou à prendre la poudre d’escampette en Inde pour un voyage initiatique.

Photo copyright: Luc Roux

Photo copyright: Luc Roux

Si les tubes défilent à un rythme effréné, Dalida prend son temps pour articuler la chronologie existentielle de la chanteuse et actrice. Lisa Azuelos nous (re)plonge dans la « légende Dalida » grâce à un traitement classique mais maîtrisé. Un biopic qui ne prend aucun risque, qui cible son sujet de manière sensible. La mise en scène de l’auteure de « LOL » rappelle la douleur que Dalida ressentait, son affection pour son public pour qui elle aurait donné son âme sur scène. Azuelos capte ce tendre sentiment en brossant ce portrait intime et affectueux, mais qui comporte quelques failles quant à sa mise en place. À trop se fixer sur les relations tumultueuses de la star, le film perd de son intensité en délaissant le caractère torturé de l’artiste.

La révélation Sveva Alviti

Si la réalisation de Azuelos paraît un peu molle, Sveva Alviti est peut-être la grande révélation de ce film. Belle et magnétique, ce mannequin qui endosse son premier vrai rôle au cinéma casse la baraque grâce sa justesse de jeu, donnant l’impression de faire revivre Dalida. L’actrice italienne habite son personnage de manière épatante.

Nous pouvons tirer un constat positif pour les performances de Riccardo Scamarico, un acteur qu’on souhaiterait voir plus souvent, et Nicolas Duvauchelle, qu’on « aime » détester en Richard Chanfray.

En résumé, Lisa Azuelos retrace la triste trajectoire d’une femme qui souhaitait une famille, d’être aimée de tous, tout simplement, avec une vision très aimante du cas Dalida. Laissant de côté l’aspect psychologique pour laisser une place prépondérante aux nombreuses relations cauchemardesques de l’interprète de « Bambino », la cinéaste réussit un biopic soigné, élégant, mais sans exceller.

Casting: Sveva Alviti, Riccard Scamarcio, Jean-Paul Rouve, Nicolas Duvauchelle, Alessandro Borghi, Valentina Carli, Brenno Placido, Niels Schneider, Vincent Perez, Patrick Timsit

Fiche technique: Réalisé par: Lisa Azuelos / Date de sortie: 11 janvier 2017 / Durée: 2h04min / Genre: Biopic / Pays: France / Scénario: Lisa Azuelos, Orlando / Photographie: Antoine Sanier / Musique: Jeanne Trellu, Jaco Zijlstra / Distributeur suisse: Pathé