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Coco : spectacle coloré au royaume des morts

Le morts sont célébrés en grande pompe, au Mexique. Pixar s’est engouffré dans la brèche pour façonner son nouveau film. Un hymne familial déployant ses grandes ailes pour nous emmener dans un univers enchanteur et rêveur. On se laisse rapidement porter par un spectacle féérique et créatif réalisé par les studios à l’origine des succès planétaires que sont Toy Story, Le Monde de Némo, Le Monde de Dory ou encore Vice-Versa. Pixar sait taper où ça fait mal, en jouant avec nos émotions, en remettant une compresse pour nous capturer dans leurs filets. Les strates de sensibleries parfois superflues cette fois-ci sont utilisées de manière adéquate, sans dégouliner de niaiseries. Ce que l’on aurait pu redouter dès l’entame.

Coco a comme un air de déjà vu. Comment ne pas revenir à la petite perle que Jorge R. Gutiérrez nous avait concocté, La Légende de Manolo. Une animation surprenante et sublime, dans les mêmes tons que les studios Laika (Boxtrolls, Kubo), où l’écriture se mariait habilement avec le somptueux show produit par Guillermo Del Toro. Et le tandem Disney/Pixar a décidé d’opter pour le même cheval de bataille pour amasser les billets verts. Un poil moins symbolique que l’oeuvre de Gutiérrez, Coco traite avec la même drôlerie et sensibilité son sujet, où les ancêtres prennent une place prépondérante.

Une ville de squelettes, comme chez les êtres humains

Mais si dans La Légende de Manolo le héros était musicien, dans Coco, il en est tout autrement. Incarné par un petit garçon, le personnage principal, lui, n’a pas le droit de faire de la musique, même s’il se rêve comme son idole, Ernesto de la Cruz, un musicien dont on voue un culte énorme au Mexique. Le petit Miguel a l’interdiction formelle de toucher une guitare. Il doit suivre le chemin tout tracé de la dynastie familiale : fabriquer des chaussures. Le petit musicien en herbe n’en a cure et souhaite à tout prix faire éclater au grand jour sa passion pour la musique et son talent grâce à un concours organisé dans son patelin. Alors que sa grand-mère lui brise sa guitare bricolée, se retrouvant sans le moindre instrument pour se produire, il décide de foncer vers l’immense chambre dédiée au défunt de la Cruz, passé de vie à trépas après un malencontreux accident sur scène.

Photo Copyright : The Walt Disney Company

Dans sa course effrénée pour participer à ce concours de musique, il découvre que son exemple de toujours est… son arrière-arrière-grand-père. En arrivant devant la guitare du maestro, il bascule dans un autre monde : celui des morts. Il rencontre les membres de sa famille décédés et il tombe sur Hector, un vagabond de l’au-delà, qui deviendra son compagnon d’infortune à travers son périple (minuté) dans le monde parallèle des morts. Ils apprendront à se connaître au milieu d’une multitude de squelettes qui fonctionnent et vivent comme dans une cité urbaine, avec des magasins et des spectacles.

Moins bien que La Légende de Manolo, mais un résultat convaincant

À travers les péripéties du petit Miguel, nous découvrons un univers féérique et visuellement réussi, avec de nombreuses couleurs éclatantes. On se laisse emporter, certes, mais Lee Unkrich et Adrian Molina ne réinventent rien, ils usent d’une recette gagnante et ne sortent que rarement d’un métrage formaté qui n’a rien de novateur. Mais laissons du crédit à l’esprit, à la tendresse qui se dégage de l’histoire de Coco. Il y a une profonde générosité dans l’effort, une certaine naïveté qui accroche le spectateur, équilibrée entre les rires et moments mélancoliques.

Moins spectaculaire que son prédécesseur Manolo, le résultat reste convaincant pour Disney et Pixar. La dimension familiale et les musiques entraînantes  de Michael Giacchino et Kristen Anderson-Lopez  vous captent facilement. Une jolie sortie familiale pour une évasion joyeuse chez les morts.

Fiche technique : Réalisé par : Lee Unkrich, Adrian Molina / date de sortie : 29 novembre 2017 / Durée : 95 min / Genre : Animation / Scénario : Adrian Molina, Matthew Aldrich / Musique : Michael Giacchino, Kristen Anderson-Lopez / Distributeur suisse : Disney