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Chernobyl, la série hautement anxiogène made in HBO

Photo copyright : HBO

Elle est la pire catastrophe nucléaire que l’humanité ait jamais connue, laissant derrière elle des dizaines de milliers de morts et malades, assortis de conséquences écologiques, économiques et politiques dramatiques. Tchernobyl n’est plus aujourd’hui qu’un lieu désert, bordé par des villes fantômes, continuant d’irradier et ceci pendant encore très longtemps. La nouvelle mini-série dramatique de HBO en collaboration avec Sky retrace le terrible évènement survenu dans la nuit du 26 avril 1986, dans la centrale Lénine, alors que l’Ukraine faisait partie de l’URSS. Anxiogène à souhait, la mini-série rappelle l’horreur vécue par des centaines de personnes et la lenteur à laquelle les autorités ont réagi pour protéger la population.

Nous sommes le 26 avril 1988, 1h10 du matin. Dans un appartement modeste et sombre de Moscou, un homme, Valery Legasov, fait son examen de conscience devant un enregistreur, seul, courbé sur sa table. Il donne à manger à son chat en suffisance avant de se pendre au milieu de son salon. 2 ans jour pour jour avant cet épisode, le 26 avril 1986, ils dansent sous une pluie de poussière radiocative. Comme des confettis volant par milliers dans les airs, le spectacle est étonnant pour les habitants de Prypiat, petit village à 3 kilomètres de Tchernobyl, agglutinés pour observer au loin l’épaisse fumée sortant de l’un des réacteurs de la centrale. Ce n’est en réalité que le début d’un long cauchemar. Cette nuit d’avril, personne ne prend la mesure de la situation. La pire catastrophe nucléaire du 20ème siècle, le pire accident causé par l’homme jamais survenu vient de se produire. Alors que les pompiers sont dépêchés sur les lieux pour éteindre le feu faisant rage suite à l’explosion du réacteur, ils ne savent pas qu’ils signent leur arrêt de mort. À cet endroit, la radioactivité atteint des niveaux encore jamais enregistré. Quiconque s’approche du lieu risque sa vie. Mais personne n’en est conscient. Ni les pompiers, ni les habitants. Envoyé à Tchernobyl par Gorbatchev (David Dencik), le duo formé par Valery Legasov (Jared Harris), physicien nucléaire soviétique et le vice-Premier ministre soviétique Boris Shcherbina (Stellan Skarsgård), chargé de diriger la commission gouvernementale sur Tchernobyl , rejoint ensuite par la physicienne nucléaire biélorusse Ulana Khomyuk (Emily Watson), vont devoir trouver des solutions pour faire face à la catastrophe et élucider le mystère autour de l’explosion.

Photo copyright : HBO

Chernobyl ou le prix du mensonge

Chernobyl met en lumière les évènements survenus en ce terrible jour d’avril 86. Plus de 3o ans après, les stigmates de la catastrophe sont encore bien visibles et des individus en paient encore le prix. Tout en tension, la mini-série lève le voile sur ce qui s’est réellement passé. Entre la passivité et la négligence des ingénieurs et le manque de prise de décision des autorités induisant des graves dysfonctionnements, les conséquences seront dramatiques. La population ne sera évacuée que 30 heures plus tard, pas loin de 30 pompiers périront dans l’opération de sauvetage des suites du syndrome aigu d’irradiation et bien d’autres hommes seront sacrifiés pour en sauver des milliers d’autres.

Porté par les acteurs et actrice de grande qualité que sont Jared Harris, Stellan Skarsgård et Emily Watson, Chernobyl nous plonge dans l’URSS des années 80, à l’ambiance ultra anxiogène, nous rendant les témoins impuissants de l’inimaginable. Le réalisateur Johan Renck ( qui a notamment réalisé des épisodes de Breaking Bad, The Walking Dead ou Bloodline ) nous gratifie de scènes dures mélangées paradoxalement à des scènes poétiques, à l’image des plans successifs où les enfants dansent sous une pluie de débris radioactifs, habillant l’atmosphère austère de l’Ukraine soviétique d’alors. Filmée en réalité à Vilnius, en Lituanie, avec un coquet budget de 250 millions de dollars, Chernobyl reprend avec précision et réalisme la chronologie des évènements, essayant de rendre compte le plus fidèlement possible de la catastrophe. Dès l’entame, les thèmes sous-jacents, enjeux centraux de la série, font vite surface. De la responsabilité des scientifiques et des autorités, de l’inaction et incompétence de ces derniers profitant de l’ignorance de la population et ignorants eux-mêmes en réalité, des mensonges entourant cet évènement tragique. Enfin, de vivre avec le poids de la culpabilité de milliers de vies avortées, la question se pose alors : à combien estimez-vous le prix du mensonge ? Immersifs, tendus, anxiogènes et passionnants, les 5 épisodes de Chernobyl sont à découvrir à partir du 6 mai, date de diffusion américaine, et dès le 7 mai sur OCS.

Casting : Jared Harris, Stellan Skarsgård, Emily Watson, David Dencik, Paul Ritter, Jesse Buckley, Adam Nagaitis, Con O’Neill, Adrian Rawlins

Fiche technique : Créé par : Craig Mazin / Réalisé par : Johan Renck / Écrit par : Craig Mazin / Chaînes : HBO, Sky Atlantic / Diffusion : USA, 6 mai 2019 – OCS, 7 mai 2019 / Format : 5 épisodes – 60 min / Pays : GB-USA