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Black Summer : immersion musclée avant un ballet de soupirs

Une mère désespérée après avoir vu sa fille déguerpir avec l’armée. Déboussolée quand elle voit son mari périr. Seule, Rose (Jaime King) est livrée à elle-même, animée par l’unique objectif de retrouver la trace de sa progéniture. Elle n’est pas seule dans cette situation, bon nombre de gens croiseront Rose, à la merci de cette épidémie, où la tragédie est imminente.

Black Summer, cette immersion radicale dans une guerre à couteaux tirés. L’armée, aux commandes des opérations, rapatrie tout le monde au stade de la ville, centre névralgique. Un univers hostile, des êtres humains transformés en bêtes assoiffées de sang après avoir rendu leur dernier souffle. Annoncée comme un prequel de Z Nation, Black Summer est bien différente de sa grande soeur, dans un format plus sanglant et moins loufoque. Exit la rigolade, place au chaos.

Seconde série zombie après Kingdom pour Netflix

Après avoir diffusé la très bonne création coréenne Kingdom, Netflix tente une nouvelle série zombie, avec moins de réussite. Longue percée dans une banlieue, avec pour objectif un stade, le seul et unique but. La délivrance passe par une course effrénée à travers différents quartiers et une multitude de personnages. Black Summer est découpée en différents segments, des situations intitulées « recherche », « conduire », « détention » ou encore « Barbara ». Des ruptures de tons, pour replacer les nombreux personnages dans une lente chasse à l’homme, du genre The Walking Dead.

Une entame « prise à la gorge », avec une succession de mouvements de caméra, une immersion folle qui ne laisse aucune minute de répit. Mise en place électrique, propulsant Rose dans le chaos, dans un véritable capharnaüm humanitaire, où les zombies courent à travers les rues désertes, jonchées de cadavres en transformation. Désormais greffée à une bande de rescapés, Rose poursuit sa seule lueur d’espoir : la simple idée d’étreindre sa fille. Le récit s’inscrit dans un survivor musclé, où le gore est l’atout principal. Les deux créateurs Karl Schaefer et John Hyams ne lésinent pas sur les giclées de sang et une violence (très) réaliste. Divertissant dans un premier épisode haletant, avant de s’écrouler, Black Summer se suffit à sa simple course à travers les rues, les décors apocalyptiques. Le développement est inexistant, partant dans tous les sens, et perdant en consistance.

Un itinéraire aux multiples visages

Une ribambelle de personnages qui se succèdent, parfois dans l’excès. La construction reste en surface, et l’évocation de cette épidémie restera une énigme pendant les 8 épisodes. Les questions restent sans réponses. Toute la mise est sur une histoire qui enjambe les problèmes pour s’enorgueillir à maintenir un rythme convenable. Mais à force de jouer la carte de l’immersion, la gymnastique narrative en prend pour son grade. Même les quelques ingénieux plans-séquences n’y changeront rien.

Alors que The Walking Dead est ternie par une rhétorique et un récit bien trop verbeux, Black Summer est à l’opposé. Une avancée dans le flou, dans un monde qui se reconstruit au milieu de l’apocalypse. Un miroir des ténèbres, où le sang coule à flot et les douilles pleuvent. Entre des enfants violents qui font la loi dans leur propre école et une secte planquée dans un hangar où viols, drogues et soirées sont légion, la violence est à son paroxysme. Les lois ont volé en éclat, la loi de la jungle est dorénavant appliquée.

Pléthore de personnages, de séquences parfois désuètes qui ne font que freiner la folle percée de Black Summer. Une course jusqu’au stade, où la guerre contre les infectés fait rage, où l’armée extermine les « zones noires » pour enrayer l’hémorragie. Black Summer n’a pas l’ampleur des premières saisons de The Walking Dead, n’a pas la maîtrise de Kingdom ou encore la tension de Fear The Walking Dead. Un ballet de soupirs, des bâillements pour enfin une apothéose aussi décevante que son ensemble.

Casting : Jaime King, Justin Chu Cary, Kelsey Flower, Christine Lee, Gwynyth Walsh

Fiche technique : Créée par : Karl Schaefer, John Hyams / Date de sortie : 11 avril 2019 / Chaîne : Netflix / Format : 8 épisodes – 45 min