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Black Panther : un ton sérieux bien ennuyant

Attendu comme le Messie, Black Panther est le premier film avec un super-héros noir et un casting presque 100% afro-américain. Aux commandes du métrage, on retrouve l’excellent Ryan Coogler (Fruitivale Station) et dans le rôle principal, le très talentueux Chadwick Boseman dans la peau de T’Challa, digne héritier du trône, roi de Wakanda et Black Panther.

Après une première apparition dans Captain America : Civil War, la « panthère noire » est cette fois-ci la seule tête d’affiche. On découvre Wakanda, nation reculée, perçue comme un peuple de paysans, mais à la pointe de la technologie grâce au vibranium. Un pays coupé du monde extérieur qui a instauré une politique migratoire intransigeante : personne ne rentre à moins d’être un wakandais, de peur de dérégler le système établi qui a prouvé son bon fonctionnement.

Les problèmes sociétaux en première ligne

Différent des dernières productions Marvel, avec moins d’humour et de bastons à tout va, Black Panther développe des thématiques très fortes : colonialisme, esclavage, racisme. Tout autant de thèmes qui ont une résonance aujourd’hui plus que jamais. Coogler s’engouffre dans la brèche et force le trait de la plus brute des manières. En optant pour un film au ton plus sévère, il délaisse le côté plus super-héroïque et rend son métrage très (trop) politique, loin des standards de divertissement employés par Marvel auparavant. Autre nouveauté, T’Challa est montré comme un roi chancelant, avec ses défauts et ses points faibles. Un angle plus intéressant qui rend le roi wakandais humain, loin des personnages presque invincibles tels que Thor.

Photo copyright : Matt Kennedy Marvel Studios 2018

Mais à force d’insister sur le discours politique, Black Panther verse dans la niaiserie, avec ses innombrables clichés. Le manque de nuance, voire même de maîtrise du sujet laisse penser que Coogler trépignait à tout fourrer pour faire passer son message « politique » tout en omettant le côté « héroïque » de son personnage principal. On sent un conflit d’intérêt dans la ligne directrice abordée par le cinéaste américain, presque emprunté à choisir. Tenter de conférer un ton bien plus sérieux, plus ancré dans notre ère n’est de loin pas une mauvaise idée, mais la manière manque cruellement.

Outre le ton sérieux qui alourdit le récit, le rendant particulièrement ennuyeux, on relève les scènes d’affrontements aussi monotones que le film en lui-même. L’emballage final est barbant pour ainsi dire. Ni le bon casting (Boseman, Michael B. Jordan ou encore Danai Gurira sont excellents) et la bande-son de Kendrick Lamar (un peu effacée durant la durée du métrage) ne réussissent à sauver le film au bord du précipice. On sombre même dans un état léthargique, proche de l’attaque de paupières. Sa longueur, 2h14, n’aide pas.

En résumé, on ne retire pas grand chose. Annoncé en grandes pompes, Black Panther fait un gros bide. Sorte d’ode à la paix dopée au discours politique, où les sublimes paysages de Wakanda s’entremêlent pour nous vendre un peu de rêve (quand même), cette énième production Marvel ne confirme pas la légère embellie occasionnée par le dernier Thor : Ragnarok. Une oeuvre qui manque de charisme !

Casting : Chadwick Boseman, Michael B. Jordan, Lupita Nyong’o, Danai Gurira, Letitia Wright, Martin Freeman, Daniel Kaluuya, Forest Whitaker, Andy Serkis

Fiche technique : Réalisé par : Ryan Cooper / Date de sortie : 14 février 2018 / Durée : 134 min / Scénario : Joe Robert Cole, Ryan Coogler, Stan Lee, Jack Kirby / Photographie : Rachel Morrison / Distributeur suisse : Disney