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Baron Noir 2 continue sur son excellente lancée

Une saison 1 réussie. Comment ne pas prolonger le plaisir avec l’affrontement entre Rickwaert et Laugier. Petit changement : Niels Arestrup n’est pas de la partie pour cette seconde saison. C’est le personnage d’Anna Mouglalis qui monte en grade et prend une place plus significative par rapport à la saison initiale. Exit le Président Francis Laugier, Rickwaert lance les hostilités de cette saison 2.

Rapidement le visage de Philippe Rickwaert nous apparaît. Les traits tirés mais le regard brûlant de vengeance, l’ancien maire de Dunkerque croupit en prison et attend patiemment sa sortie pour reprendre sa carrière politique. Eric Benzekri et Jean-Baptiste Delafon, les deux créateurs de la série, ne tardent pas à vite basculer hors du milieu pénitencier pour véritablement lancer cette seconde levée de Baron Noir.

En l’absence de Laugier, Dorendeu trône

Les cartes sont redistribuées et Rickwaert tente de vite mettre de l’ordre dans son nouvel emploi du temps. C’est d’abord avec Amélie Dorendeu (Anna Mouglalis) que l’ex-député amorce un retour en douceur. Les anciens amants sont dorénavant réduits au secret car Amélie touche au but : l’accession au trône de Présidente de la République. Les premières manigances se profilent, milieu de la politique oblige, et les âpres discussions vont bon train. Dans la première saison, la structure suivait plusieurs mini-intrigues. Cette fois-ci, nous sentons une véritable envie de placer Rickwaert sur un piédestal, de le suivre dans son combat effréné à retrouver du crédit en politique et auprès de la population suite à son incarcération.

Entre des envies de « renversement du PS vers le centre » ou de procéder à une union ô combien compliquée avec Michel Vidal (François Morel), Rickwaert compose avec ses armes et distille ses conseils à Dorendeu, à son ancien poulain Cyril Balsan (Hugo Becker) qui prend du galon et aspire, plus les épisodes défilent, à voler de ses propres ailes afin de mener sa carrière politique d’une autre manière que son maître à penser.

Photo copyright : Jean-Claude Lother / Canal +

Baron Noir use de nouveaux subterfuges pour générer un tout autre intérêt. Le terme « politique de fiction » apparaît comme un cheveu sur la soupe mais prend tout son sens, comme si le schéma n’est autre qu’une mise en place malicieuse pour faire tomber les masques avec des scénarios constitués de toutes pièces. De là, la série bascule dans une version bien plus acide, celle où la fiction politique prend le pas sur la réalité politique.

Autre point particulièrement intéressant et récurrent dans les dialogues : les figures historiques. Rickwaert fait allusion à Jeanne d’Arc ainsi qu’à Charles VII ou à Henri IV. Des personnages ainsi mentionnés pour renouer avec une politique où la conviction est primordiale afin de remettre de l’ordre au pouvoir, tout en gardant un pied bien ancré dans notre ère – des clins d’oeil à Wikileaks ou au Tour de France le rappellent. Car Rickwaert s’imagine comme un meneur d’hommes, un fin stratège qui place ses billes tel un chien fou, mais il se brûle les pattes à force de tenter des alliances et de créer des unions. Il n’est jamais bon de courir après tous les lièvres. Rickwaert pousse, persévère à foncer tête baissée, mais il voit finalement une partie fondamentale de sa vie lui échapper : sa fille Salomé qui débute même les démarches pour changer de nom…

la série bascule dans une version bien plus acide, celle où la fiction politique prend le pas sur la réalité politique.

« J’aime pas les trucs tordus »

Delafon et Benzekri usent sans discontinuer de figures historiques, comme si l’envie de mettre en place une bataille, voire une guerre de tranchée est le symbole même de la politique moderne. Une lutte de tous les instants qui s’inscrit parfaitement dans le rythme effréné voulu et donné par le duo de créateurs. Il est parfois difficile de suivre les rouages politiques, la multitude de détails et de personnages qui s’entremêlent. Un immense champ de bataille qui ne cesse de grandir.

Un arbre qui cache la forêt, Philippe Rickwaert récolte la tempête qui s’abat sur la politique française. Un personnage éventail parfaitement campé par Kad Merad toujours très appliqué et très authentique dans sa performance. Les poches sous les yeux, on serait tenté de dire qu’il porte les stigmates de la vie hors norme du personnage politique qu’il interprète.

Très verbeuse mais très tendue, très bien ficelée, la seconde saison de Baron Noir est perfectible mais se sublime dans quelques épisodes et rend une très bonne copie finale. Des plans serrés, des face-à-face électriques. Tout est constitué pour vous maintenir sous tension. Sous cet angle, Baron Noir réussit son combat, sa « liquidation méthodique » comme dit Chistera (Patrick Rocca) à l’encontre de la Présidente de la République.

Casting : Kad Merad, Anna Mouglalis, Hugo Becker, Patrick Rocca, François Morel, Philippe Resimont, Pascal Elbé, Astrid Whettnall, Constance Dollé, Jean-Luc Couchard

Fiche technique : Créée par : Eric Benzekri, Jean-Baptiste Delafon / Date de sortie : 22 janvier 2018 / Format : 8 épisodes – 55 minutes / Chaîne : Canal+ / Pays : France