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Baby Driver : de l’action musicale jouissive

Photo copyright : Sony Pictures

Découvrir Don Draper (personnage central dans Mad Men) en gangster rasé sur les côtés, Jamie Foxx dans le costume du voyou sans foi ni loi ou Kevin Spacey dans un rôle de mafieux, cerveau des opérations, semblable à son personnage dans Las Vegas 21 (2008). Et au milieu de tout ça, Ansel Egort dans la peau d’un chauffeur fou, imperturbable comme l’était Ryan Gosling dans Drive, toutes proportions gardées.

Un mini Drive baptisé Baby Driver. Si le raccourci est facile, Edgar Wright s’est fait un malin plaisir à nous balancer une oeuvre complètement décalée, comme l’a été Le Dernier Pub avant la fin du monde ou Scott Pilgrim, où Queen résonne à plein tube à travers des courses-poursuites effrénées. C’est là que Baby (Ansel Egort) s’exprime le mieux, c’est-à-dire derrière un volant, Ipod dans les oreilles et playlists foisonnantes de morceaux plus entraînants les uns que les autres. Il travaille pour le compte du mystérieux Doc (Kevin Spacey) Unrèglement de dettes étant à l’origine de leur collaboration. Une complicité criminelle qui pèse sur le mélomane lorsqu’il rencontre Debora (Lily James).

Une musique omniprésente pour masquer un bourdonnement

Photo copyright : Sony Pictures

Vous ne trouverez pas beaucoup de moments sans musique. Et pour cause : le héros imaginé par Wright est touché par des acouphènes persistants après l’accident dont il a été victime. Une catastrophe qui a vu sa famille périr dans l’histoire. Ecorché vif, seul et sans réelle vie sociale, hormis un contact fréquent avec des voyous, Baby conduit comme personne mais mène une vie austère. Il enregistre des bouts de conversations, les mixent et se rend fréquemment dans l’ancien lieu de travail de sa mère, un restaurant genre diner. C’est là qu’il rencontre son coup de foudre, celle qui déambule en chantant et fera chanceler le virtuose du bitume. Debora rêve de tracer la route en voiture et d’écouter de la musique à s’en faire saigner les tympans. Aucun doute, cette jolie serveuse – Lily James est lumineuse – est la perle rare pour Miles alias Baby.

Mais quand vous avez le malheur de tremper une fois dans le banditisme, il est bien compliqué de prendre le large. Malgré la dette effacée et entérinée, le conducteur fou se retrouve empêtré dans une nouvelle histoire de braquage d’un bureau de l’US Postal. Les morceaux s’intensifient, le film aussi. Wright enclenche la seconde, emmène Baby dans une épique baston dans Atlanta et ses entrailles. Les voitures dansent, son conducteur nous propose aussi quelques pas de danses à la manière de Ryan Gosling dans La La Land. À croire que le métrage est un hommage à l’acteur canadien.

Un gros casting au rendez-vous

Si les basses turbinent à plein régime, les caractères développés par Wright le sont aussi. Quel délice de voir Jon Hamm dans ce costume de gangster ténébreux agrippé par sa douce moitié – enfin pas tant que ça -, Darling (Eiza Gonzalez). Genre de Bonnie and Clyde comme le rappelle le saignant et impitoyable Bats. Son calme apparent, ce côté « iceman » ne sera qu’un lointain souvenir quand le passé, le présent et le futur seront déboulonnés par cette bande de malotrus.

La finesse de Baby Driver réside dans cette balance entre les scènes d’action et une musique omniprésente. Avant les braquages, l’orphelin fou du volant n’hésite pas à stopper l’opération en cours pour rester en rythme avec sa musique. Wright joue avec les styles musicaux, les personnages, les situations rocambolesques avec un second degré bien senti. Une énergie débordante qui procure une dynamique comme peu de films arrivent à dégager. Là, c’est un feu d’artifice mélodieux et jouissif !

Casting : Ansel Egort, Kevin Spacey, Jon Hamm, Jamie Foxx, Eiza Gonzalez, Lily James, Flea, Jon Bernthal

Fiche technique : Réalisé par : Edgar Wright / Date de sortie : 19 juillet 2017 / Durée : 113 min / Genre : Action, Policier / Scénario : Edgar Wright / Musique : Steven Price / Distributeur suisse : Sony