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Aquaman : débranchez le cerveau et tout ira bien

Et un nouveau, un ! L’écurie DC Comics fait place à Aquaman. Le barbu des fonds marins entre dans la danse et emboîte le pas à Wonder Woman. James Wan s’occupe de nous asperger d’effets spéciaux dans un conflit inédit entre les « Surfaciens » et les peuples des mers.

Photo copyright : Warner Bros Entertainment – DC Comics

Jason Momoa endosse le rôle d’Arthur Curry, l’Aquaman. Comme un poisson dans l’eau, le robuste acteur campe un bâtard, surnommé « métisse », fruit d’une relation entre un gardien de phare et Atlanna, la reine de l’Atlantide. L’immense empire marin, objet des convoitises dans la vie réelle, est bien vivant. Et l’homme qui y règne, avec en point de mire le trône du Maître des océans, souhaite anéantir la population à la surface. Le Roi Orm (Patrick Wilson) n’est autre que le frère d’Arthur. Face à la folie des grandeurs, à l’esprit vengeur de son frangin, Aquaman va devoir quitter son costume d’ « homme simple et normal » pour combattre dans les eaux profondes et incertaines. Il était mieux à siroter des bières dans un pub du coin.

James Wan a son film en main

On apprend que Atlanna a dû retourner vivre dans la cité de l’Atlantide parce qu’un mariage royal et arrangé l’attendait. Les obligations de mise en place sont rapidement avalées pour laisser place à l’action. Les formalités derrière nous, c’est l’heure de la démonstration de force d’Aquaman. Et James Wan va s’en donner à coeur joie, à l’aide d’une foule d’effets spéciaux et même avec une pointe de ringardise. Ringard, comme le personnage viril et bourru qu’est Arthur Curry, aussi subtil qu’un mensonge de Pinocchio. Et question subtilité, Aquaman ne fait aucun état d’âme, c’est une machine à divertissement, se délestant de la moindre prise de position ou pseudo message sous-jacent. Enfin si, il y a une petite morale qui en ressort : la force n’égalera jamais l’amour.

Photo copyright : Warner Bros Entertainment – DC Comics

Sa chasse au Trident d’Atlan, détenu dans un endroit méconnu des peuples marins, lance le robuste demi-atlante dans une quête dangereuse. Accompagné de Mera, campée par la sublime Amber Heard, Arthur nous emmène dans différents univers. La descente dans Le Royaume de la Fosse ou l’immersion dans la cité ensevelie de l’Atlantide valent la chandelle. Le budget faramineux aide considérablement. Si bien que la foule d’effets agresse visuellement. L’oeil peine à suivre, même s’il y a une certaine fascination pour la CGI. Là est la puissance d’Aquaman : tout est exagéré, un vrai délire qui dure plus de 2h20, avec les multiples visages d’un film inégal. C’est sans relâche, sans temps mort, ça explose de partout.

Dépassé mais fun

Aquaman tient surtout sur la prestation de Jason Momoa. Le colosse est né pour ce rôle. Le tandem Momoa/Wan déballe un blockbuster prévisible, parfois cliché. Mais inutile de chercher plus loin, c’est une simple prise de plaisir sans prétention. Aquaman est abordé de la plus simple des manières, ne cherchant jamais à reproduire le côté sombre perçu dans Batman vs Superman. Non, c’est plus dans une lignée humoristique. Nous pouvons reprocher une certaine répétition, sa longueur, ou une multitude d’éléments ringards, comme le personnage ou le rôle du « méchant inutile » de David Kane (Yahya Abdul-Mateen) alias Black Manta. De petits bémols conjugués à la volonté de Wan de s’offrir un vrai baroud d’honneur dans les eaux troubles de l’Atlantide. Un peu de Depeche Mode par-ci, un peu de Roy Orbison par-là, des cadrages « slow-mo » que Zack Snyder ne renierait pas, et une bonne dose d’humour bien lourdingue. Même si le cocktail semble peu rafraîchissant, dépassé même, prenez votre masque et tuba, la plongée est plutôt fun dans l’ensemble.

Casting : Jason Momoa, Amber Heard, Willem Dafoe, Patrick Wilson, Nicole Kidman, Dolph Lundgren, Yahya Abdul-Mateen, Temuera Morrison

Fiche technique : Réalisé par : James Wan / Date de sortie : 19 décembre 2019 / Durée : 2h22 / Scénario : Will Ball, David Leslie Johnson-McGoldrick / Musique : Rupert Gregson-Williams / Photographie : Don Burgess / Distributeur suisse : Fox-Warner