A.J. Edwards, l’élève de Terrence Malick deviendra grand

À la merveille et Knight of Cups comme monteur, déjà dans l’équipe du maestro Terrence Malick en 2005, sur Le Nouveau Monde, ou encore sur Song to Song en 2017. A.J. Edwards a hérité de l’étiquette de « protégé de Malick », son disciple. Un apprenti qui commence à s’émanciper gentiment, déployant ses ailes pour nous exposer sa vision du cinéma, sa sensibilité, son sens du cadre semblable à celui de son maître.

Photo copyright : Festival Deauville

Son chemin est encore discret, loin des lumières, loin des attentes gigantesques de son exemple. A.J. Edwards constitue pièce par pièce sa carrière, sans brûler les étapes. Un premier film nommé The Better Angels, présenté au Sundance et encore à la Berlinale, en 2014, comme premier fait d’arme. L’histoire traite de la jeunesse d’Abraham Lincoln, dans l’Indiana de 1817. Une cinématographie hallucinante, une image en noir et blanc où la spiritualité rencontre l’une des légendaires figures américaines. Une première oeuvre qui place le talent d’Edwards, aussi poétique et méticuleux que Terrence Malick.

Le digne héritier de Monsieur Malick

Parfois à couper le souffle, une précision chirurgicale. Avec The Better Angels, A.J. Edwards n’échappe pas aux comparaisons. Mais il s’efforce d’intégrer sa propre vision, une patte qui, sur quelques points, diffère de Malick. Le natif de Walnut Creek en Californie travaille dans l’ombre et commence à pointer le bout de son nez. En 2018, il sort du bois en dévoilant Friday’s Child – aucune date de sortie prévue en Suisse ou en France. Après un joli parcours dans différents festivals, entre le SXSW et Deauville, A.J Edwards expose une nouvelle poésie visuelle en se basant sur un jeune marginal, Richie (Tye Sheridan), de 18 ans, mêlé à un braquage raté. Loin de l’Indiana, le Texas est le nouvel eldorado pour Edwards, comme l’était Song to Song pour Malick.

Une vision hallucinée, un travail sur les couleurs, entre plans fixes et effets de caméra, les premières images de Friday’s Child possèdent cette dimension « malickienne » que Edwards tente de traiter à la lisière du documentaire. Le jeune cinéaste âgé de 34 ans, barbu et cheveux gominés, n’est pas prêt de s’arrêter en si bon chemin, bagage technique et maîtrise du langage cinématographique adoptés, son talent ne fait aucun doute alors que son appréciation de la beauté plastique n’en est qu’à ses balbutiements. A.J. Edwards se positionne comme le digne héritier du maître Malick.